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    Le 17 novembre, les Gilets jaunes organisent des centaines de blocages routiers à travers le pays

    Gilets jaunes et casseurs: les nouveaux pirates des routes

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    Depuis le début de la fronde en Gilets jaunes qui frappe l’Hexagone, de nombreux individus s’attaquent aux péages et aux radars des routes de France. Dans certains départements, la situation est telle qu’il ne reste plus que quelques radars actifs. Certains sont allés jusqu’à détruire des péages. Voici les nouveaux pirates des routes.

    Nous sommes très loin d'être dans Mad Max. Reste qu'il se passe des choses sur les routes de France. Le 6 décembre, aux alentours de 20 h 00 du côté du péage de l'A7 à Valence-Sud, les automobilistes pouvaient toujours bénéficier de l'opération «péage gratuit» mise en place par les Gilets jaunes depuis le début de l'après-midi, selon Le Dauphiné. Dans le même temps, c'est une cinquantaine de Beaunois qui ont ouvert les barrières du péage de l'autoroute Beaune Sud. Ils ont expliqué au Bien public avoir récolté «près d'une centaine de tickets entre 19 h 15 et 20 h 30»:

    «Nous sommes en train de réunir de plus en plus de monde. L'opération "péage gratuit" de ce soir, c'était juste pour marquer le coup, montrer que le mouvement est structuré et prend de l'ampleur.»

    Le matin du 5 décembre, c'est à la sortie de l'autoroute A7 près d'Avignon que les automobilistes ont eu l'agréable surprise de ne pas payer le péage. Les Gilets jaunes locaux avaient décidé, eux aussi, d'organiser une opération «péage gratuit». Ce genre d'initiative se multiplie depuis le début du mouvement social qui touche le pays. Partout, des manifestants s'emparent des péages et lèvent les barrières. Toujours le 5 décembre, c'est à Antibes que les automobilistes ont eu la surprise de trouver un péage… sans barrières! «Elles ont toutes été enlevées ou arrachées», a-t-on signalé au quotidien Nice-Matin.

    Parfois, certains éléments sont allés bien plus loin. Dans la nuit du 1er au 2 décembre, des «casseurs» ont semé le chaos au péage de Croix sud à Narbonne d'après le journal L'Indépendant. Le quotidien parle de «bâtiments et voitures en feu, barrières enfoncées, panneaux arrachés, bornes de péage attaquées à coup de pioche, explosions et fumée noire…»

    Des images très impressionnantes circulent sur la toile. Elles montrent des individus attaquer le péage avec une… camionnette en feu porté par une grue. Rien que ça.

    Avant cela, c'est à Virsac, en Gironde, qu'un péage avait été incendié par des individus déterminés, dans la nuit du 19 au 20 novembre. Les dégâts, très importants, avaient poussé le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner à se rendre sur place le 29 novembre. Son arrivée en hélicoptère avait par ailleurs créé une vive polémique.

    Quelques heures après le déplacement du ministre de l'Intérieur, un autre péage a été incendié, cette fois à Bollène, dans le Vaucluse. D'après les informations de La Provence, trois cabines ont été brûlées après que des pneus enflammés aient été placés à leurs pieds. «Il y a des casseurs sur différents ronds-points le soir qui viennent profiter des mouvements actuels pour commettre des dégradations», expliquait alors la gendarmerie au quotidien provençal.

    J'admire ce concept de Radar sucette 😀, c'est mieux que de le brûler car ce sont nos impôts qui payeront pour un neuf 😱 #Radar #impots #GiletsJaunes #Pv #gouvernement #Macron pic.twitter.com/0uGwVEXk3C

    ​Les péages ne sont pas les seules cibles en ces temps de révolte. Un symbole de ce que beaucoup d'automobilistes considèrent comme une machine à racketter est régulièrement attaqué depuis trois semaines: les radars. Des dizaines d'entre eux à travers le pays ont été cassés, incendiés ou bâchés. Dans certains départements, c'est une véritable hécatombe. Le Parisien s'est penché sur le cas de la Seine-et-Marne.

    D'après le quotidien, 22 des 28 radars fixes et itinérants du département été hors-service au matin du 3 décembre. Le Parisien note par exemple que «le radar de la D 607 à la sortie de Chailly-en-Bière a été bâché par un gilet jaune». Et la note est salée. «Le coût d'une machine varie de 60.000€ à 200.000€ et les peines encourues devant la justice vont de 500€ à 75.000€ d'amende», note ainsi la préfecture citée par le quotidien de la capitale. Ce dernier relate également les propos de la CRS autoroutière Est-Ile-de-France, qui parle de «problématique de sécurité routière non négligeable».

    ​France 3 a fait le même travail concernant le Pas-de-Calais. Pour sensiblement le même résultat:

    «Nous n'en avons trouvé que 1 à 5 encore en activité ce mardi [4 décembre, ndlr] (dont celui d'Annezin dans le Pas-de-Calais tout récemment remis en marche). Les autres ne sont pas en mesure de flasher. Depuis plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Il est désormais possible de faire des trajets Dunkerque-Boulogne ou Lille-Maubeuge sans risquer l'amende.»

    Et le phénomène ne semble pas prêt de s'arrêter. Le 6 décembre, Le Télégramme relevait qu'un radar placé sur le RD 783 entre Concarneau et La Forêt-Fouesnant avait été incendié. L'appareil avait déjà été la cible de tags quelques jours auparavant. Le 5 décembre, c'est L'Indépendant qui indiquait que les pompiers avaient dû intervenir dans la nuit pour éteindre un incendie sur la D900 à proximité de Perpignan. La cible des flammes? Vous avez deviné. Certains anti-radars souhaitent tout de même faire opérer la magie de Noël comme l'a relevé La Dépêche. à l'approche des fêtes, l'appareil situé route de Bordeaux à Tarbes a été recouvert… de papier cadeau! Avec quelques mots inscrits: «Joyeux Noël.»

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    Mouvement des Gilets jaunes en France et en Belgique (236)

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    Tags:
    gilets jaunes, route, incendie criminel, radar, destruction, incendie, émeutes, automobile, manifestation, violences, mobilisation, La République en Marche! (LREM), Édouard Philippe, Christophe Castaner, Emmanuel Macron, Paris, France
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