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    Marine Le Pen

    Gilets jaunes: Marine Le Pen ne veut pas de renversement de la Ve République

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    Mouvement des Gilets jaunes en France et en Belgique (219)
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    Alors que le gouvernement français se prépare à une journée à hauts risques pour le quatrième samedi consécutif de mobilisation des Gilets jaunes, Marine Le Pen a publié une lettre ouverte en insistant sur la nécessité d'une sortie de crise «politique» et en affirmant son attachement à la Ve République.

    A la veille d'une nouvelle manifestation des Gilets jaunes en France prévue pour le 8 décembre, Marine Le Pen appelle à ne pas faire tanguer la barque et se prononce contre la violence, alors que le gouvernement, notamment le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a déclaré que les responsables des dégradations étaient «les séditieux» de l'ultra-droite «qui ont répondu à l'appel de Marine Le Pen».

    En effet, la présidente du Rassemblement national (RN) avait publié le 23 novembre un tweet qui interrogeait le gouvernement sur la possibilité laissée aux Gilets jaunes de se mobiliser sur les Champs-Élysées. Le lendemain, le bilan humain des affrontements s'élevaient à «31 personnes blessées, 24 parmi les manifestants […] et sept parmi les forces de l'ordre», selon le préfet de Paris, Michel Delpuech.

    La journée de mobilisation des Gilets jaunes présentant certains risques, Marine Le Pen a publié ce vendredi une lettre ouverte «à ceux qui voudraient attenter à nos institutions républicaines».

    Elle y affirme notamment son attachement à la Ve République et à la fonction présidentielle et insiste sur la nécessité de trouver une issue «politique» à la crise. 

    «Cette solution bannit évidemment et de manière absolue tout recours à la violence qui ne ferait qu'ajouter le chaos à la misère», insiste-t-elle.

    Mettant en garde contre «une prétendue VIe République» et contre toute atteinte aux institutions démocratiques, elle s'en prend à la France Insoumise dont la formation politique a fait de la lutte pour la VIe République un des principaux points de son programme.

    «Si le droit de critiquer nos institutions relève de la démocratie, la remise en cause de nos institutions y compris avec une prétendue VIe République me paraît totalement malvenue», souligne Marine Le Pen.

    Elle rappelle qu'au moment où le ministre de l'Intérieur tente de discréditer le mouvement par l'accusation artificielle de sédition et où le pays a besoin de décisions, «les imprécations en faveur d'un renversement de la Ve République sont inutiles, mais surtout ambiguës et donc inutilement dangereuses».

    Marine Le Pen dirige également les flèches de ses critiques contre Emmanuel Macron sans le nommer explicitement et indique que la France «pâtit du défaut d'incarnation de la fonction par un homme dénué d'empathie pour le peuple, engoncé dans la morgue des élites et le mépris de classe».

    «Les plus aimables institutions deviennent détestables lorsqu'elles sont servies par des hommes aveugles à la misère des leurs, sourds aux cris de détresse et de surcroît muets au moment où une parole forte serait si nécessaire», a-t-elle noté.

    Insistant sur la nécessité du «retour du politique», Marine Le Pen note pour conclure que son mouvement «est prêt à participer sans attendre à ce ou ces débats».

    En France, après une première manifestation qui s'est déroulée le 17 novembre, des membres du mouvement des Gilets jaunes ont organisé le troisième acte de leur mobilisation le samedi 1er décembre. Dénonçant à l'origine la hausse des carburants, ils expriment désormais une colère sociale bien plus profonde. Le Premier ministre, Édouard Philippe, a confirmé dans une interview accordée à TF1 jeudi que la taxe sur le carburant était annulée.

    Le dernier rassemblement a été marqué par d'importantes violences et dégradations urbaines dans la capitale française. Elles ont fait 133 blessés, dont 23 membres des forces de l'ordre, et ont conduit au placement en garde à vue de 378 personnes sur les 412 interpellées, selon un bilan communiqué par la préfecture de police dimanche.

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    lettre ouverte, blessés, crise, violences, Rassemblement national (RN), Édouard Philippe, Marine Le Pen, Emmanuel Macron, Christophe Castaner, France
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