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    Gilets jaunes à Paris

    Les gendarmes frappés par le boxeur Christophe Dettinger témoignent

    © Sputnik . Julien Mattias
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    «Il frappait à pleine puissance»: protégés de la tête aux pieds par un casque, un bouclier et un uniforme, les gendarmes frappés par le boxeur Christophe Dettinger ont livré leur version des faits, suite à l’auto-dénonciation de ce dernier lundi.

    Bien que les casques et les boucliers aient pris tous les coups du boxeur Christophe Dettinger, permettant de ne pas mettre leur vie en danger, les gendarmes mobiles Cédric et Pierre parlent d'une «volonté de tuer» du manifestant lors de leur intervention sur BFM TV.

    «Plusieurs centaines de personnes nous ont poussés, ça a forcé. Là, l'un des manifestants, le boxeur, est arrivé par derrière, m'a projeté au sol et à partir de là plusieurs manifestants m'ont roué de coups, parmi lesquels le boxeur, qui m'a mis au sol», raconte Cédric.

    «C'était vraiment frapper pour frapper, pour faire mal voire tuer: la tête, le visage, le dos. Ses camarades m'empêchent de me relever», se souvient le gendarme. Il s'est dit aussi se rappeler avoir vu le boxeur lui asséner des coups de pieds. «Il savait où il frappait et il frappait à pleine puissance», raconte-t-il.

    Un deuxième gendarme, Pierre, a déclaré avoir eu très peur de tomber dans la Seine et de couler en raison de son équipement lourd.

    «C'est lorsque ça commence à pousser dans notre dos que cet individu [Christophe Dettinger, le boxeur mis en garde à vue, ndlr], retrousse ses manches et avance vers moi. Là il donne des coups en visant bien mon visage (…) j'ai senti que c'était quelqu'un qui savait ce qu'il faisait parce que les coups étaient bien dirigés vers ma tête», a-t-il raconté.

    Le boxeur ayant distribué des coups de poing à des gendarmes lors de l'acte 8 de la mobilisation des Gilets jaunes est Christophe Dettinger. Ce dernier s'est présenté à la police de son propre chef lundi. Il a présenté dans une vidéo sur Facebook sa version des faits, dans laquelle il dit avoir réagi aux débordements et à la répression qu'il a vus. Sa famille et lui ont été gazés ce jour-là. «À un moment, la colère est montée en moi et oui, j'ai mal réagi. Mais je me suis défendu», a-t-il affirmé.

    La scène s'est déroulée sur la passerelle Léopold-Sédar-Senghor qui enjambe la Seine, reliant le jardin des Tuileries au musée d'Orsay. Les deux gendarmes agressés samedi sur la passerelle Léopold-Sédar-Senghor à Paris se sont vus prescrire, respectivement, 15 et deux jours d'incapacité totale de travail (ITT) et ont porté plainte.

    Cet affrontement entre le boxeur et les gendarmes mobiles s'est produit au cours du huitième acte des manifestations des Gilets jaunes qui s'est déroulé à Paris, ainsi que dans d'autres villes françaises. Dans la capitale, la mobilisation a été émaillée de heurts entre manifestants et forces de l'ordre. D'après le ministre français de l'Intérieur, celle-ci a rassemblé environ 50.000 personnes à travers la France, contre 32.000 la semaine dernière. Ces chiffres font l'objet de polémique.

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    Tags:
    témoignage, Christophe Dettinger, Paris, France
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