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    Des policiers avec des LBD lors d'une manifestation des Gilets jaunes à Paris (image d'illustration)

    Die Welt soulève le caractère «rétrograde» des procédés des forces de l’ordre françaises

    © AFP 2019 Valery HACHE
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    Sebastian Roché, directeur de recherche au CNRS, a déploré dans un entretien au journal allemand Die Welt le caractère «rétrograde» des méthodes utilisées par les forces de l’ordre en France pour disperser les manifestations des Gilets jaunes.

    Die Welt évoque dans une publication l'utilisation contre les Gilets jaunes en France des grenades lacrymogènes et à des LBD. Le journal allemand s'en est entretenu avec Sebastian Roché, criminologue et directeur de recherche au CNRS.

    L’exposition «Il est interdit d’interdire» au centre éducatif du Musée d'art contemporain de Moscou
    © Photo. Le service de presse du Musée d'art contemporain de Moscou
    Selon lui, la police française, la plus armée à l'échelle européenne, fait usage de méthodes «rétrogrades» par comparaison aux autres pays européens, comme l'Allemagne et le Royaume-Uni. Il déplore notamment une stratégie de résolution des conflits totalement désuète, selon laquelle toute forme de désescalade est mise à l'écart. Il regrette également la dramatisation consciente de la crise actuelle par des membres du gouvernement, y compris Christoph Castaner.

    En fait, souligne Die Welt, la France est le seul pays de l'Union européenne à utiliser des grenades lacrymogènes instantanées GLI F4 pour disperser des manifestants, bien qu'elles soient considérées comme «difficile à contrôler» par les forces de l'ordre, elles-mêmes, et aient déjà fait plusieurs morts avant le début du mouvement des Gilets jaunes.

    Quant aux LBD, poursuit le quotidien, ils ne sont utilisés qu'en Pologne et en Espagne. En Hongrie et en Grèce, leur usage est soumis à de strictes restrictions.

    Les médias français ont fait des violences policières un thème de discussion quatre semaines après le début du mouvement des Gilets jaunes, constate Die Welt. Mais ce n'est que deux mois après les premières manifestations, en novembre dernier, que les débats sur l'utilisation d'armes létales lors des mobilisations ont été lancés à l'échelle nationale, selon le quotidien.

    Le Conseil d'État a refusé, dans un communiqué publié vendredi, d'interdire l'usage des lanceurs de balles de défense au grand dam de ceux qui luttent pour son interdiction en dépit d'une polémique sur le nombre de blessures graves infligées à des manifestants. Pour Jérôme Rodrigues, l'une des figures du mouvement des Gilets jaunes, blessé à l'œil lors de l'acte 11, la décision du Conseil d'État de maintenir l'usage du lanceur de balle de défense (LBD) dans les manifestations est «incompréhensible» et «irresponsable».

    Concernant le nombre de blessés lors des manifestations des Gilets jaunes, les chiffres annoncés par le gouvernement font régulièrement l'objet de polémiques. En effet, Christophe Castaner avait annoncé que quatre manifestants avaient été blessés à l'œil suite à des tirs de LBD par les membres des forces de l'ordre. Cependant, le collectif militant «Désarmons-les», quant à lui, dénombre 20 personnes rendues borgnes ou gravement blessées à un œil.

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    Tags:
    LBD (lanceur de balles de défense), gilets jaunes, CNRS, France
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