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    Ces ministres et députés de la majorité LREM dans le collimateur de la justice

    © AFP 2018 GEOFFROY VAN DER HASSELT
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    «Je veux moraliser et responsabiliser la vie publique», a lancé Emmanuel Macron au début de son quinquennat. Or, depuis son arrivée à l'Élysée, le Président se voit constamment confronté aux révélations d’«affaires» reprochées à des membres de LREM et à des ministres.

    En dépit de la volonté d'Emmanuel Macron de moraliser la vie publique en France, les actions peu élogieuses de certains membres de son entourage et de son gouvernement ont donné lieu à l'ouverture d'enquêtes par la justice. Certains hommes et certaines femmes politiques ont même été mis en examen.

    Les mises en examen

    Alexandre Benalla et Vincent Crase

    Les deux hommes ont été mis en examen le 22 juillet dans l'enquête sur les violences commises en marge du défilé du 1er-Mai à Paris. Mediapart a publié le 31 janvier des enregistrements clandestins d'une conversation entre les deux hommes datant du 26 juillet. Ils ont plus tard été convoqués pour s'expliquer au tribunal de Paris par les magistrats, qui ont ensuite saisi le juge des libertés et de la détention. Après une semaine en prison pour ne pas avoir respecté le contrôle judiciaire qui leur interdisait d'entrer en contact, Alexandre Benalla et Vincent Crase ont obtenu mardi 26 février leur libération dans l'enquête sur les violences du 1er mai 2018. La commission des lois du Sénat a dévoilé mercredi dernier son rapport d'enquête sur l'affaire Benalla, du nom de l'ex-chargé de mission à l'Élysée soupçonné d'avoir menti sous serment, notamment sur ses passeports diplomatiques. Dans les heures qui ont suivi, le parquet de Paris a ouvert une enquête pour «entrave à la manifestation de la vérité».

    Thierry Solère

    Quelques jours après la levée de son immunité parlementaire, le député LREM des Hauts-de-Seine Thierry Solère, visé par une enquête pour fraude fiscale et corruption, a été placé en garde à vue en juillet 2018 à Nanterre. D'abord ouverte pour «fraude fiscale» après une plainte de Bercy, l'enquête avait ensuite été élargie aux chefs de «trafic d'influence, corruption, abus de biens sociaux, financement illicite de dépenses électorales et manquement aux obligations déclaratives auprès de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP)». Sa garde à vue a été toutefois levée le 18 juillet 2018 «sur avis médical».

    Mustapha Laabid

    Début février 2019, le parquet de Rennes a décidé de poursuivre pénalement le député LREM de la 1ère circonscription d'Ille-et-Vilaine, Mustapha Laabid, «pour des faits d'abus de confiance» commis au préjudice d'une association qu'il présidait entre 2015 et fin 2017. M.Laabid était soupçonné d'avoir «utilisé à des fins personnelles ou indues des fonds de l'association Collectif Intermède». Une enquête avait été ouverte pour ces faits, le 16 novembre 2017 par le parquet de Rennes à la suite d'un signalement de Tracfin [service du ministère de l'Économie chargé de la lutte contre le blanchiment d'argent, ndlr] d'octobre 2017.

    M'jid El Guerrab

    M'jid El Guerrab a été mis en examen pour «violences volontaires avec arme» après avoir asséné deux coups de casque de moto au responsable socialiste Boris Faure, lors d'une discussion qui a dégénéré fin août 2017. Une réponse au comportement agressif de Boris Faure qui lui aurait «tordu» le bras, selon son avocat Me Yassine Yakouti. M.Faure a confirmé être tombé dans le «coma» suite à l'altercation, et avoir dû être opéré en raison d'une «hémorragie cérébrale». Plusieurs responsables ont par la suite appelé M.El Guerrab à démissionner de son mandat de député. Leurs appels sont restés sans suite.

    Ramlati Ali

    Mme Ali, élue sous l'étiquette PS et qui avait ensuite rejoint le groupe LREM, a été mise en examen le 14 février 2018 pour complicité de fraude électorale dans une affaire de procurations litigieuses lors du scrutin de juin 2017. L'ancienne parlementaire a été placée sous contrôle judiciaire. Elle se dit toujours «coupable de rien du tout».

    Enquêtes judiciaires

    Richard Ferrand

    Le Canard enchaîné a rendu public des révélations concernant Richard Ferrand, le président de l'Assemblée nationale et ancien secrétaire général d'En Marche!, l'accusant d'avoir utilisé un montage financier pour permettre à sa femme d'être propriétaire d'un local commercial loué par la mutuelle qu'il dirigeait, ainsi que d'avoir employé son fils comme assistant parlementaire.

    Après avoir étudié tous les éléments sur l'affaire Ferrand, le procureur de la République de Brest a annoncé en juin 2017 que « les faits dénoncés par le Canard enchaîné […] ne constituent pas une infraction et à ce titre ne permettent pas d'ouvrir une enquête».

    Alexis Kohler

    Alexis Kohler, secrétaire général de l'Élysée, a participé au lancement d'En Marche! en avril 2016, même s'il a suivi de loin la campagne présidentielle, parti à Genève comme directeur financier au siège de l'armateur italo-suisse MSC, un des géants du secteur. Ce qui lui a valu des soupçons de conflit d'intérêt, rejetés par l'Élysée, assurant que M.Kohler «a toujours tenu sa hiérarchie informée de ses liens personnels avec MSC» et s'est «systématiquement déporté de toute délibération et de toute décision ayant trait à cette entreprise».

    Muriel Pénicaud

    La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a été entendue comme témoin assisté le 22 mai 2018 au pôle financier du tribunal de Paris en tant qu'ex-patronne de Business France, dans le cadre d'une information judiciaire sur des soupçons de favoritisme. Le statut de témoin assisté a évité à la ministre du Travail une mise en examen synonyme de départ du gouvernement.

    Françoise Nyssen

    Après les révélations du Canard enchaîné sur l'agrandissement du siège de la maison d'édition dont la ministre de la Culture était la patronne, le parquet de Paris a ouvert en août 2018 une enquête préliminaire contre Françoise Nyssen, qui a par la suite été remplacée à la tête du ministère de la Culture par Franck Riester. En fin de compte, la ministre a dit regretter une «négligence».

    Bayrou, Sarnez et Goulard

    Les éphémères ministres Modem François Bayrou (Justice), Marielle de Sarnez (Affaires européennes) et Sylvie Goulard (Armées), ont renoncé à rester au gouvernement après les élections législatives de juin 2017 sur fond de soupçons d'emplois fictifs d'assistants au Parlement européen.

    Hulot et Darmanin

    Dans la foulée de l'affaire Weinstein aux États-Unis, le ministre chargé du budget, Gérald Darmanin, a été accusé de viol et d'abus de faiblesse par deux femmes, mais a bénéficié de classements sans suite en février et mai 2018. Le journal Ebdo — diparu après quelques numéros — a pour sa part ressorti une plainte pour viol remontant à 2008 et visant Nicolas Hulot, l'ancien ministre de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie, elle aussi classée sans suite la même année.

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    Tags:
    affaires, La République en Marche! (LREM), Emmanuel Macron, France
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