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    Un hélicoptère militaire devant le centre pénitentiaire de Condé-sur-Sarthe

    EN CONTINU Le détenu retranché dans la prison de l'Orne maîtrisé après un assaut

    © AFP 2019 JEAN-FRANCOIS MONIER
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    L'homme, qui a poignardé deux surveillants avant de se retrancher avec sa compagne au centre pénitentiaire de Condé-sur-Sarthe, a été interpellé après un assaut donné par les forces de l'ordre, d'après des médias. Il a été blessé par balles tout comme sa femme, qui a plus tard succombé à ses blessures.

    Après un assaut, les forces de l'ordre ont interpellé le détenu radicalisé qui s'était retranché mardi matin avec sa compagne enceinte au centre pénitentiaire de Condé-sur-Sarthe, près d'Alençon, après avoir poignardé deux surveillants, a annoncé le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner.

    La ministre de la Justice Nicole Belloubet s'est rendue sur place après l'assaut, a précisé la préfecture de l'Orne.

    L'assaillant et sa compagne, qui étaient tous les deux en possession d'un couteau, ont été blessés par balles lors de l'assaut du RAID qui a duré une heure, selon la chaîne BFM TV. 

    La femme du détenu est décédée des suites de ses blessures, a annoncé Emmanuel Baudin, secrétaire général du syndicat SNP-FO.

    Le site SudOuest.fr avait précédemment annoncé que le détenu se revendiquait de Daech* et affirmait qu'il ne se rendrait pas.

    Selon Actu17, l'homme et sa conjointe auraient annoncé leur volonté de mourir en martyr.

    France Info avait indiqué, se référant à des sources judiciaires concordantes, que le détenu affirmait posséder une ceinture d'explosifs. Pour l'instant, cette information n'a pas été officiellement confirmée.

    Des agents du RAID, l'unité d'élite de la police, se sont rendus sur les lieux pour aider l'équipe régionale d'intervention et de sécurité (ÉRIS) de Rennes mobilisée depuis mardi matin, précisent les médias.

    Où l'assaillant a-t-il trouvé un couteau céramique?

    ​D'après Actu17, qui cite un témoin, la compagne du détenu aurait simulé un malaise pour attirer les surveillants, avant de participer à l'attaque au couteau.

    La ministre de la Justice Nicole Belloubet a indiqué, lors d'un point presse à la cellule de crise du ministère, que le couteau qui a servi à l'agression «aurait pu lui être apporté par sa femme».

    «La céramique ne sonne pas au portique. Enceinte, elle n'a pas été fouillée», explique le syndicat Force ouvrière.

    «Dans la cuisine de l'UVF, il n'y a que quatre couteaux à beurre à bouts ronds. Il n'y a pas de couteau en céramique», a pour sa part affirmé un surveillant pénitentiaire de Condé-sur-Sarthe cité par une journaliste du quotidien Ouest France.

    Un autre détenu radicalisé et sa femme se trouvaient dans l'Unité de vie familiale (UVF), à côté de l'assaillant et sa conjointe, note Actu17. Ces personnes ont été placées en garde à vue.

    L'attaque a un «caractère terroriste»

    Le parquet antiterroriste s'est saisi de l'enquête sur l'agression au couteau. Le procureur de la République de Paris Rémy Heitz, dont dépend le parquet antiterroriste, s'est rendu sur place.

    Le «caractère terroriste» de l'attaque «ne fait aucun doute», a indiqué mardi Mme Belloubet lors d'un point presse.

    D'après Actu 17, l'assaillant, converti à l'islam depuis 2010, a hurlé «Allahu akbar» lors de l'attaque.

    Le détenu de Condé-sur-Sarthe affirmait vouloir «venger» l'auteur de l'attaque terroriste de Strasbourg Cherif Chekatt, a annoncé le procureur de Paris Rémy Heitz.

    L'état des blessés

    Les deux surveillants, qui ont été blessés au visage et au ventre, ont été hospitalisés. Leur pronostic vital n'est pas engagé, a annoncé le ministère de la Justice. 

    Le surveillant pénitentiaire le plus grièvement blessé dont les poumons auraient été perforés pendant l'attaque, est de nouveau au bloc opératoire, son état reste grave. 

    L'autre surveillant, blessé au visage, devait être opéré dans les prochaines heures, note Actu 17. Une journaliste d'Ouest France avait précédemment indiqué sur Twitter que des morceaux du couteau céramique devraient être extraites de la plaie.

    Qui est l'assaillant?

    Originaire de Saint-Avold (Moselle), Michaël Chiolo a été condamné à 30 ans de réclusion criminelle pour avoir étouffé un homme de 89 ans, Roger Tarall, après l'avoir séquestré et «momifié» à son domicile près de Metz en 2012.

    En novembre 2015, alors qu'il était déjà incarcéré à Mulhouse dans l'attente de son jugement en appel, l'homme a été condamné à un an de prison ferme pour avoir demandé à ses codétenus de «rejouer» l'attaque du Bataclan dans la cour de la maison d'arrêt, précise le site 20Minutes.

    M.Chiolo était libérable en 2038 avant l'attaque ce de mardi, d'après les médias.

    Converti à l'islam en 2010, l'homme s'est radicalisé en prison. D'après le site SudOuest.fr, l'homme n'était cependant pas détenu dans le quartier pour radicalisés ouvert dans cette prison en septembre.

    La prison de Condé-sur-Sarthe est considérée comme l'un des établissements les plus sécurisés en France. Selon France Info, elle compte actuellement 110 détenus pour 195 places.

    Grève des personnels pénitentiaires 

    Plusieurs syndicats ont appelé au blocage des prisons dès le 6 mars en réaction à l'attaque de Condé-sur-Sarthe et les attaques précédentes contre les surveillants pénitentiaires.

    Le syndicat national pénitentiaire Force Ouvrière (SNP FO) a annoncé le lancement d'une grève à partir de mercredi des personnels FO dans tous les établissements de France pour dénoncer l'insuffisance des moyens humains. Dans un communiqué, le syndicat réclame notamment une réforme sur la sécurité des personnels et une revalorisation du statut et des salaires.

    «Nous avons décidé de partir en mouvement social […]. Nous continuerons de faire ce que l'on doit faire pour obtenir ce qui nous est dû», a indiqué Yoan Karar, secrétaire général adjoint du syndicat sur Franceinfo.

    La CGT pénitentiaire a invité tous les établissements de métropole et d'outre-mer à lancer une action de protestation dès mercredi.

    «Trop, c'est trop… La CGT Pénitentiaire appelle l'ensemble des établissements de métropole et d'outre-mer à entrer dans l'action dès demain par solidarité à nos collègues Condéens. N'attendons pas que la mort touche l'un des nôtres pour réagir!», a indiqué la CGT pénitentiaire dans son communiqué.

    Le syndicat pénitentiaire des surveillants (SPS) a pour sa part appelé «à la responsabilité et à la mobilisation de tous les personnels, pour organiser, demain, une journée d'action, de contestation et de soutien à nos collègues agressés».

    *Organisation terroriste interdite en Russie

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    détenus, ceinture d'explosifs, prison, Syndicat pénitentiaire des surveillants (SPS), Syndicat national pénitentiaire Force ouvrière (SNP FO), Équipes régionales d'intervention et de sécurité (ERIS), CGT Pénitentiaire, Michaël Chiolo, Emmanuel Baudin, Chérif Chekatt, Rémy Heitz, Nicole Belloubet, Christophe Castaner, Condé-sur-Sarthe, Orne, Alençon, France
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