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Depuis plusieurs mois, la France tente de trouver une solution à la crise des Gilets jaunes tout en essayant de préserver ses objectifs climatiques. La mission est-elle impossible? Pour Raad Alkadiri de la société de conseil BCG, la population est plus susceptible d’assumer ce coût lorsqu’elle fait face aux effets négatifs du changement climatique.

La transition énergétique était l'un des chapitres du Grand débat national censé trouver une réponse à la crise des Gilets jaunes qui secoue la France depuis novembre dernier. Bien qu'à l'issue des trois mois de consultations l'exécutif ait constaté que les Français «ne sont pas climatosceptiques», la majorité n'accepte toujours pas le renforcement de la fiscalité écologique.

Le coût de la transition énergétique peut-il donc être justifié? Cette question a été évoquée lors d'un entretien avec Raad Alkadiri, directeur supérieur du Centre pour l'impact énergétique de la société de conseil BCG, interrogé par Sputnik en marge du Forum national du pétrole et du gaz qui se tient à Moscou les 16 et 17 avril.

«Lorsque vous observez ce qui s'est passé en France, il y a, d'une part, une demande en Europe pour des mesures climatiques renforcées mais aussi la question est de savoir qui en payera le prix et quand la facture surgira. Quand il s'agit de l'augmentation des taxes et des coûts, il y a une opposition dans la société», a-t-il indiqué.

Selon lui, la société est davantage susceptible d'accepter les mesures visant à la transition énergétique lorsqu'elle fait face aux effets négatifs flagrants du changement climatique.

«L'accélération des effets climatiques est un problème dont les scientifiques commencent à s'inquiéter. Dans ce cas de figure, la pression devient plus immédiate. Les gouvernements et la population ont davantage tendance à agir de manière créative face à une crise», précise-t-il.

M.Alkadiri estime qu'il faut trouver un équilibre entre les coûts que la société est prête à assumer et les préoccupations climatiques à long terme.

«Je crois qu'il y a le sentiment que nous avons dépassé le pic de l'indifférence climatique. Et si nous avons passé ce point, je pense qu'on peut obtenir une plus large mobilisation [en faveur de la transition énergétique, ndlr]», a-t-il ajouté.

L'expert estime également que les hydrocarbures continueront de jouer un rôle important dans le mix énergétique mondial.

«Vous devez développer les technologies pour que les hydrocarbures deviennent une partie de la solution plutôt que d'être considérées comme une partie du problème», a-t-il conclu.

La crise des Gilets jaunes a été provoquée par le projet de hausse de la Contribution climat énergie (CCE), plus connue sous le nom de taxe carbone, introduite en 2014 et visant à inciter les consommateurs à choisir des énergies moins néfastes pour le climat.

Bien que cette taxe ait augmenté tous les ans, la hausse a été compensée par la chute des prix du pétrole. Après la remontée des cours de l'or noir, la taxe est devenue plus visible ce qui a provoqué le rejet d'une partie des Français.

Après les premières mobilisations des Gilets jaunes, l'Élysée avait annoncé, début décembre dernier, que la taxe carbone n'était plus suspendue mais bien «supprimée» pour 2019. Plus tard, François de Rugy avait réaffirmé sur BFM TV que la hausse des taxes sur le carburant, prévue pour le début d'année, n'aurait pas lieu et ne figurerait pas dans le projet de loi de finances pour 2019.

En mars, le Conseil d'analyse économique a émis des recommandations pour reprendre la hausse de la CEE en la qualifiant de «dispositif efficace» qui «permet d'atteindre tout objectif de réduction de CO2 au moindre coût». Il a toutefois souligné la nécessité de «reconstruire» cet instrument afin de «minimiser le nombre de perdants» parmi les ménages les plus vulnérables.

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Tags:
taxe carbone, carburant, transition, climat, hydrocarbures, énergie, France
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