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    La cathédrale de Notre-Dame de Paris en proie aux flammes

    Après son don pour Notre-Dame, une rumeur de fraude fiscale sur la famille Pinault ressort

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    Incendie à Notre-Dame de Paris (138)
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    Suite au don de 100 millions d’euros de la famille Pinault pour la reconstruction de Notre-Dame de Paris, un article de Mediapart publié en 2018 a refait surface. Selon ce média d’investigation, le géant français du luxe Kering, propriété de Pinault, avait organisé une évasion fiscale s’élevant à 2,5 milliards d’euros d’impôts depuis 2002.

    Après la déclaration de François-Henri Pinault, président de la holding familiale et du groupe de luxe Kering, qui a annoncé que sa famille va débloquer 100 millions d'euros via sa société d'investissement Artemis pour la rénovation de Notre-Dame de Paris, une histoire remontant à 2018 a de nouveau fait parler d'elle.

    À l'époque, Mediapart avait publié une révélation affirmant que le numéro 2 mondial du luxe, derrière LVMH, avait «économisé environ 2 milliards d'euros d'impôts depuis 2009, dont 1,4 milliard pour Gucci en Italie et 180 millions pour Yves Saint-Laurent en France. Si l'on remonte jusqu'en 2002, le chiffre atteint les 2,5 milliards».

    «Pour l'essentiel au préjudice de l'Italie, mais aussi de la France et du Royaume-Uni», a précisé le site.

    Pour rappel, en novembre 2017, le parquet a effectué des perquisitions dans les locaux de Gucci, la filiale la plus rentable du groupe avec 15,5 milliards d'euros de chiffre d'affaires, dans le cadre d'une enquête pour fraude fiscale menée par un procureur de Milan. La Luxury Goods International (LGI), la plate-forme logistique du groupe Kering située en Suisse, à Cadempino dans le Tessin, avait alors refait surface.

    D'après Mediapart, le groupe français a perpétué, après le rachat de Gucci en 1999, un accord fiscal limitant à 8% son taux d'imposition sur les sociétés. Or LGI «encaisse aussi les ventes en gros aux magasins [et, ndlr] l'écrasante majorité des recettes, donc des profits», lit-on dans l'article en question.

    Contacté par Mediapart, Kering n'a pas répondu précisément à ses questions. Le groupe lui a pourtant fait parvenir un bref courriel dans lequel il indiquait que sa société suisse LGI, où sont concentrés les profits de Kering, était «une importante plateforme commerciale de distribution et de logistique et une importante implantation industrielle avec plus de 600 salariés», qui «exer[çait] une activité économique effective en lien direct avec l'activité commerciale des marques du groupe».

    En outre, le groupe a souligné que LGI «s'acquitt[ait] en Suisse des impôts dus, en conformité avec la loi et le statut fiscal de la société», et que «sa situation [était] bien connue des autorités fiscales helvétiques, italiennes et françaises».

    Mais, selon Mediapart, dans un document qu'il a pu obtenir, le procureur de Milan a écrit au contraire que Kering avait créé un montage «occulte» afin de réaliser une évasion fiscale.

    «Nos documents, issus principalement de l'enquête judiciaire italienne, dévoilent l'ampleur des manœuvres de Kering pour tenter de cacher la fraude présumée. Afin de tenter de justifier qu'il paye ses impôts en Suisse, Kering n'a pas hésité à transférer fictivement une vingtaine de cadres de Gucci dans le pays, alors même qu'ils travaillaient en réalité en Italie», a écrit Mediapart dans son article.

    La famille Pinault a néanmoins renoncé à la réduction d'impôt sur son don de 100 millions d'euros dédiés à la reconstruction de Notre-Dame de Paris.

    Dossier:
    Incendie à Notre-Dame de Paris (138)
    Tags:
    enquête, perquisition, produit de luxe, fraude fiscale, LVMH, Gucci, Milan, Italie, Suisse, Paris, France
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