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Les printemps précoces font augmenter les quantités de pollen et, qui plus est, certaines plantes allergisantes élargissent leur aire de répartition, ce qui fait augmenter les allergies liées au pollen, dont le nombre a triplé au cours des 20 dernières années.

C'est le changement climatique, provoqué par les émissions de gaz à effet de serre, qui fait empirer les allergies, constatent des chercheurs qui expliquent que le climat perturbe la pollinisation et modifie la teneur en pollen dans l'atmosphère.

Ainsi, les organismes de surveillance des pollens et moisissures dans l'air ambiant, l'Association des Pollinariums Sentinelles de France (APSF), la Fédération des associations de surveillance de la qualité de l'air (ATMO France) et le Réseau national de surveillance aérobiologique (RNSA) ont publié un rapport de surveillance des pollens et des moisissures dans l'air ambiant en 2018. Selon le document, le réchauffement climatique et la hausse des températures conduisent à une augmentation des quantités de pollen, créant des conditions favorables au développement des arbres et des plantes.

Près d'un Français sur quatre souffre d'allergies respiratoires, dont la moitié à cause des pollens et 10% à cause de moisissures, d'après ce rapport.

Qui plus est, le nombre d'allergies liées au pollen va croissant dans le pays et a triplé en 20 ans, selon une étude de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) en 2015.

«Allergies et asthme sont des maladies avec un terrain génétique. Or, celui-ci n'a pas pu changer si profondément en quelques décennies, a fait remarquer Isabella Annesi-Maesano, directrice de recherche à l'Inserm, citée par Reporterre. En revanche, notre environnement et notre exposition à certaines substances allergènes ont beaucoup évolué.»

Certains développent une allergie quand ils changent de région, ce qui s'explique, selon elle, par le fait qu'ils «étaient allergiques de façon génétique, mais ne le savaient pas». En outre, l'augmentation des substances allergènes dans l'environnement a un coût socio-économique important, a encore expliqué Isabella Annesi-Maesano, constatant que les personnes concernées étaient contraintes de suivre un traitement et que leur qualité de vie était amoindrie.

En outre, le changement climatique peut modifier les aires de répartition des arbres et des herbacées et amplifier l'agressivité des pollens.

«On se retrouve avec des plantes qui résistent à des endroits où elles ne pouvaient évoluer auparavant», a poursuivi Isabella Annesi-Maesano, précisant que l'ambroisie à feuilles d'armoise, venant d'Amérique du Nord, s'étendait en Europe «comme une traînée de poudre».

En effet, la concentration dans l'air du pollen d'ambroisie pourrait quadrupler en Europe à l'horizon 2050. Et c'est le changement climatique qui serait responsable des deux tiers de cette augmentation, avait indiqué l'Inserm dès 2015.

«Quand le pollen est touché en excès par certains polluants, il se fragmente en d'infimes particules. Il devient alors plus dangereux […] parce qu'il pénètre plus facilement dans nos bronches», a encore noté Isabella Annesi-Maesano.

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Tags:
augmentation, polluants, réchauffement climatique, asthme, plantes, arbres, air, rapport, allergie, gaz à effet de serre, Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), Amérique du Nord, France, Europe
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