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    Pitié-Salpêtrière: l'équipe médicale «ne s'est pas sentie en danger»

    © AFP 2019 KENZO TRIBOUILLARD
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    Alors que Christophe Castaner évoque une «attaque» et Edouard Philippe dénonce un geste «totalement irresponsable», des membres du personnel du service de réanimation de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, où les manifestants ont tenté de pénétrer mercredi 1er mai, voient les choses différemment. Ils disent ne pas s'être sentis en danger.

    Dans un entretien accordée à BFM TV, des membres du personnel du service de réanimation de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière ont donné des détails sur la tentative de manifestants de pénétrer au sein de l'établissement mercredi 1er mai.

    ​​«C'était extrêmement court, mais extrêmement surprenant aussi. […] Ça a duré environ trois minutes, […] Oui, avec la porte vitrée on voyait l'intervention [des forces de l'ordre, ndlr]. Ça s'est passé dans le calme, il n'y avait pas de débordements en tous cas».

    Selon lui, il n'y a eu ni «matériel dérobé» ni «intrusion».

    «L'équipe n'est pas du tout choquée. […] On en a parlé après entre nous et il n'y avait pas de gros traumatisme»

    Interrogé sur le même sujet, une aide-soignante a confirmé les propos de son collègue:

    «On ne s'est pas senti en danger plus que ça. C'était plus vraiment sécuriser une réa où c'est une petite structure. Si vous rentrez à 50 personnes dans une structure telle que la réa, on ne sait pas ce qui peut se passer et, effectivement, on ne sait pas dans quelles conditions ces gens venaient. On ne s'est pas senti plus agressé que ça»

    Elle a également dit n'avoir ressenti ni colère ni haine de la part des personnes qui se présentaient à la porte de la réanimation.

    «Très vite, ils ont été à l'écoute. Il y a même des gens qui ont essayé de calmer le jeu en disant "C'est un hôpital, calmez-vous", qui ont compris qu'on ne pouvait pas les laissé rentrer. Et voilà, maintenant, comme vous dites, vous voulez savoir, trouver un coupable, on ne sait pas. Il n'y pas de raison plus que ça. Je pense que quand vous participez à une manifestation, il y a toujours un peu de débordement et c'est comme ça», a-t-elle conclu.

    Cité par BFM TV, un autre membre du personnel s'est dit en désaccord avec le directeur général de l'Assistance publique — Hôpitaux de Paris (AP-HP), Martin Hirsch, qui avait précédemment déclaré sur Franceinfo qu'«on est passé au bord de la catastrophe».

    «Non, je ne pense pas. Les vigiles étaient présents, la sécurité était présente, les forces de police, la porte était fermée», a déclaré l'infirmier qui précise il n'y avait «pas de slogan, pas de revendication» et qu'«aucune personne n'avait le visage masqué ou cagoulé».

    Ce jeudi 2 mai, la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn a qualifié ce qui s'est passé à l'hôpital de « tentative d'intrusion» et a constaté que les grilles de l'hôpital avaient été forcées.

    Toutefois, selon plusieurs témoignages, les manifestants n'avaient pas l'intention de commettre des violences à l'intérieur de l'hôpital, mais voulaient juste s'y réfugier face à une colonne de CRS.

    Plusieurs vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des manifestants — femmes, hommes, avec ou sans gilets jaunes et ne montrant aucun signe visible d'agressivité — stationner dans l'enceinte de La Pitié-Salpêtrière et tout près de l'entrée d'un des bâtiments, du côté de l'entrée au numéro 97 du boulevard de l'Hôpital. Sur ces vidéos, des policiers arrivent par cette même entrée 97 et font ressortir les manifestants par le boulevard.

    À la suite de l'incident, le parquet a ouvert une enquête dans laquelle figurent 32 personnes, actuellement en garde à vue, pour attroupement en vue de commettre des dégradations ou des violences, informe l'AFP.

    Tags:
    gilets jaunes, France
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