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«Je déplore ce terme», «je trouve les propos du Président déplacés», cet emploi de langage «me blesse». Les représentants de syndicats de professeurs et les enseignants n’ont pas apprécié le discours d’Emmanuel Macron dans lequel il a comparé la rétention des notes et des copies du bac par les grévistes à une «prise d'otage».

De nombreux professeurs et les syndicats d'enseignants français ont mal pris les propos du Président de la République selon lesquels «on ne pouvait pas prendre nos jeunes et leurs familles en otage» se référant ainsi aux grévistes s’opposant à la réforme du baccalauréat.

«Je suis assez déçue»

Pour la présidente de la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE) du Val-de-Marne, Nageate Belahcen, invitée de BFM TV le 7 juillet, il faut «mesurer ses mots» abordant un tel sujet.

«Je déplore vraiment ce terme de "prise d'otage". On l'a beaucoup entendu cette semaine et je suis assez déçue de l'entendre de la bouche d'un chef d'État, quand on sait toute la portée que ça peut avoir, d'être pris en otage. On ne parle pas ici de terrorisme, donc il faut mesurer ses mots», a-t-elle lancé.

Des propos «déplacés»

Commentant la situation sur France Info, Frédérique Rolet, secrétaire générale du SNES-FSU, le Syndicat national des enseignements de second degré, a partagé l’avis de Nageate Belahcen.

«Je trouve les propos du Président de la République déplacés et ne prenant pas en compte la réalité de la situation. [...] Il ne s’agissait pas de pénaliser les élèves, mais de dire aux parents d’élèves combien nous sommes inquiets pour le devenir du baccalauréat.»

«On attend vos excuses»

Les professeurs grévistes ont également donné leur sentiment sur les propos de Macron sur les réseaux sociaux. Le message d’un rescapé du Bataclan était l’un des plus relayés.

Dans ce tweet, Cédric Maurin a dit qu’il attendait des excuses de la part du Président français soulignant que ce dernier avait associé les fonctionnaires de l'Éducation nationale «à des terroristes» et «insulté les victimes».

La réforme du baccalauréat, pierre d’achoppement

Rappelons que plusieurs syndicats d'enseignants s’opposent à la réforme du baccalauréat prévue en 2021 et à la loi pour «une école de la confiance» qui prévoit entre autres des regroupements de classes d'un collège et d'une ou plusieurs écoles dans le cadre d'établissements «des savoirs fondamentaux».

En signe de protestation, de nombreux enseignants ont retenu des copies du baccalauréat dans certaines académies. Le collectif Bloquons Blanquer annonçait précédemment le chiffre de 126.000 copies bloquées sur un total de quatre millions. Jeudi 4 juillet, le ministère de l’Éducation nationale a fait état de près de 80.000 copies du baccalauréat encore retenues par les correcteurs grévistes.

«Prise d’otages»

Deux jours après les résultats du baccalauréat, Emmanuel Macron a fait un discours à propos des correcteurs grévistes qui avaient pris la décision de ne pas rendre les notes ou les copies des épreuves du bac.

«Je respecte chacune et chacun, la liberté d'opinion et la liberté syndicale, mais à la fin des fins, on ne peut pas prendre nos enfants et leurs familles en otage», avait-il lancé.

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Tags:
réforme, professeur, Baccalauréat, Emmanuel Macron, France
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