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    Affaire de Rugy: après les homards, des travaux «de confort» à 63.000 euros

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    France
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    Enquêtes journalistiques sur les frais de François de Rugy (28)
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    De nouveaux éléments ont fait surface ce jeudi 11 juillet dans l’affaire de Rugy. S’expliquant sur l’enquête de Mediapart concernant ces dîners onéreux aux homards et grands crus aux frais du contribuable, le ministre fait l’objet de nouvelles révélations, cette fois sur des travaux de «confort» pour 63.000 euros.

    Le lendemain des révélations de Mediapart concernant les dîners luxueux organisés par le couple de Rugy «aux frais de la République», le ministre français de la Transition écologique et son épouse semblent à nouveau être dans la tourmente. Ainsi, selon un article récemment paru sur Mediapart, le couple de Rugy a réalisé entre fin 2018 et début 2019 des travaux de réparation dans l’appartement du ministère qu’ils occupent pour un montant de 63.000 euros «payés par le contribuable». Cette enquête a été réalisée sur la base de la publication Facebook de François de Rugy dans laquelle il répondait aux révélations faites par le média.

    Nouveaux reproches

    S’appuyant sur des photos et témoignages des artisans et personnes de l'entourage de Nicolas Hulot, prédécesseur de François de Rugy, Mediapart conclut qu’il s’agissait plutôt de «travaux de confort». D’après le site d’investigation, l’appartement n’était pas vétuste, description d’ailleurs choisie par les services chargés de la gestion du parc immobilier du ministère.

    «On n’était pas dans une nécessité», mais «plutôt du confort. […] Ils m’ont dit que monsieur le ministre voulait un peu changer les décorations, repeindre l’appartement à neuf, changer les couleurs», a expliqué à Mediapart le dirigeant de l’une des sociétés recalées pour les peintures, Jean-Louis Bertrand.

    François de Rugy même a affirmé qu’il souhaitait des travaux de rénovation, puisque les derniers de ce genre datait de plus d’une quinzaine d’années.

    «Artisans qualifiés» pour un «appartement particulier»

    Quant à la somme dépensée pour les travaux, qui s’élève à 63.000 euros, le cabinet du ministre a évoqué la nécessité d’avoir recours à des «artisans qualifiés» à cause du «caractère particulier du bâtiment».

    Expliquant le choix d’avoir opté pour des artisans plus chers que ceux habituellement employés par le ministère à des «prix plus attractifs», le cabinet du ministre souligne que «ces prestataires ne présentaient pas les références et garanties nécessaires pour réaliser des travaux de rénovation dans des bâtiments anciens».

    Des placards pour un montant de 17.000 euros

    Parmi les travaux effectués — peinture pour près de 35.000 euros, salles de bains, moquette et parquet — figure également l’installation d’un grand dressing à 17.000 euros. Interrogé par Mediapart, l’épouse du ministre, Séverine Servat de Rugy, a expliqué qu’il ne s’agissait pas d’un véritable dressing, mais de… placards:

    «Quand vous arrivez dans un endroit… Rien n’est privé… Et quand on est arrivé, il n’y en avait pas!»

    Des homards et des grands crus aux frais de la République

    Selon les révélations de Mediapart parues mercredi 10 juillet, François de Rugy a organisé au minimum une dizaine de dîners luxueux «aux frais de la République» entre 2017 et 2018, alors que l’actuel ministre était président de l’Assemblée nationale. Ces dîners de haut standing, essentiellement organisés par Séverine de Rugy, son épouse, journaliste people à Gala, auraient eu lieu à l’hôtel de Lassay, résidence officielle du président de l’Assemblée nationale, et en auraient mobilisé du personnel.

    Interrogé au micro de France Inter, le ministre de la Transition écologique a qualifié l’article de Mediapart de «grotesque» et de «pamphlétaire», affirmant que ces dîners étaient professionnels.

    Limogeage de la directrice de cabinet de Rugy

    Le 11 juillet, la directrice de cabinet de François de Rugy, Nicole Klein, a été poussée à la démission après les révélations de Mediapart, selon lesquelles elle disposait d'un logement social à Paris qu'elle n’a pas occupé entre 2006 à 2018. Il s'agissait pourtant de sa «résidence principale» et de son «domicile fiscal», a assuré à Mediapart Nicole Klein.

    Dossier:
    Enquêtes journalistiques sur les frais de François de Rugy (28)

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    Tags:
    France, air frais, contribuable, François de Rugy
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