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Un habitant de Metz affirme avoir reconnu la photo de sa jambe amputée sur un paquet de cigarettes, avec une légende «Fumer bouche vos artères». Or, son amputation n’a rien à voir avec le problème pointé et est intervenue en effet à la suite d'une fusillade dans les années 90. Selon son avocat, l’homme n’a pas consenti à l’utilisation du cliché.

Un Albanais vivant à Metz s’est fait imputer de la jambe gauche des suites d’une fusillade en Albanie, en 1997. Une dizaine d’années plus tard, son fils a retrouvé l’image de sa jambe amputée sur un paquet de cigarettes en guise d’avertissement de possibles conséquences du tabagisme, indique Le Républicain lorrain, et ce sans le consentement de l’homme.

 

Les cigarettes ont été achetées en 2018 au Luxembourg. La photo présente sur l’emballage était accompagnée de la phrase préventive «Fumer bouche vos artères». C’est le fils du sexagénaire qui l’a découverte. Puis ce dernier a confirmé que c’était sa jambe, dont les cicatrices et brûlures qu’elle porte sont facilement identifiables.

«C'est quand même incroyable qu'une personne se retrouve sans son accord, sur des paquets de cigarettes de l'Union européenne», a fustigé son avocat Maître Antoine Fittante, soulignant que «cette amputation n'a absolument rien à voir avec un problème lié au tabac».

«Mon client se sent trahi, atteint dans sa dignité, voir son handicap sur les paquets de cigarettes dans les bureaux de tabac, il faut reconnaître que ce n'est pas très agréable», a-t-il insisté.

Son client n’a jamais donné son accord pour l’utilisation de la photo, prise pendant une consultation dans un centre orthopédique. Il est allé, six semaines avant les faits, à l'hôpital Legouest, à Metz, afin d'être possiblement appareillé, et les images ont été prises sur place. L’homme n’a pas eu de retour du médecin de l'hôpital.

«Ce n'est pas une question d'argent. Il souhaite le retrait de cette photographie. Il est profondément atteint dans sa dignité», a déclaré l’avocat à l’AFP. «Nous sommes en train de vérifier le cheminement de cette photo: qui l'a prise, qui l'a transmise, qui en a vérifié l'authenticité, qui a vérifié la déclaration de consentement que la personne doit signer pour qu'une photo soit utilisée à des usages sanitaires.»

Me Fittante estime qu’ils n’auront pas de mal à prouver que la photo appartient à son client. Il s’est déjà adressé à l’hôpital et à la Commission européenne chargée de diffuser les photos pour les paquets de cigarettes dans les pays européens. Le client de Me Fittante n’a jamais pas donné son aval pour la publication de la photo et «ce n'est pas la première histoire du genre», pointe-t-il.

«Chaque cicatrice est spécifique, unique. Cet homme a également des traces de brûlures sur l’autre jambe, c’est très net. Un expert n’aura aucune difficulté à identifier l’image.»

La Commission européenne a réagi, précisant qu’il s’agissait d’une des 42 photos utilisées depuis 2014, selon un document d’EUR-Lex, tandis que l’utilisation d’emballages avec des photos-préventions est obligatoire depuis 2016.

«Pour mon client, cette photo a été prise en mai ou en juin 2018 lorsqu’il est allé à l’hôpital pour une consultation en vue de la mise en place d’un appareillage», a expliqué au Monde Antoine Fittante.

Or, vu que l’image figure bien dans la bibliothèque des clichés dont l’utilisation est autorisée depuis 2014, cette explication semble plutôt invalide, écrit Le Monde.

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Tags:
avocat, cicatrice, blessure, fusillade, Albanie, amputation, image, photo, cliché, France, Metz
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