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Selon Mediapart, l’IGPN s’est montrée peu curieuse dans l’affaire Zineb Redouane, décédée à Marseille suite à un tir de grenade lacrymogène qui l'a touchée au visage, sur de nombreuses questions comme la disparition du projectile, l’absence de saisie des fusils lance-grenades et une vidéosurveillance en dysfonctionnement.

L’enquête sur la mort de Zineb Redouane, femme algérienne de 80 ans décédée d’un arrêt cardiaque après avoir été touchée près de sa fenêtre par un tir de LBD, suit son cours, mais Mediapart jette des doutes sur l’engagement de l’IGPN dans cette affaire.

Retournée à la juge d’instruction marseillaise fin avril dernier, l’enquête de la branche de l’IGPN à Marseille «paraît étonnamment peu poussée après cinq mois d’investigations», écrit le média.

D’après le site d’investigation, les enquêteurs se sont montrés «peu curieux» sur plusieurs détails. D’abord, la disparition de la grenade lacrymogène, bien que plusieurs «traces noirâtres» au sol et deux des sept plots de la grenade lacrymogène MP7 aient été retrouvés. Selon le site, l’étui plastique de la grenade a été emmené par l’un des deux équipages de marins-pompiers.

Ensuite, le dysfonctionnement d’une des caméras de surveillance dont l’enregistrement serait essentiel pour l’enquête.

Le média s’interroge encore sur l’absence de saisie des cinq lanceurs Cougar utilisés le 1er décembre. Le capitaine, qui commandait le 1er décembre la CRS 50, a refusé de les fournir pour examen balistique au motif qu’il ne peut s’en «démunir» «pour ne pas obérer la capacité opérationnelle de l’unité lors de cette période de mouvements revendicatifs intenses».

«Les enregistrements radio des policiers ne figurent pas non plus au dossier, alors que ces échanges radio ont pu se révéler déterminants dans d’autres enquêtes sur des violences policières», ajoute le site.

L’information judiciaire, confiée à deux juges d’instruction marseillais, est désormais suspendue en attendant la décision, prévue le 9 août, de la Cour de cassation sur la demande de dépaysement faite par le procureur général de la cour d’appel d’Aix-en-Provence.

Affaire Zineb Redouane

Le 1er décembre dernier, Zineb Redouane, 80 ans, était à la fenêtre de son appartement situé au 4e étage d'un immeuble marseillais lorsqu'un tir de grenade lacrymogène l'a touchée au visage, en plein acte 3 des Gilets jaunes. L'octogénaire est décédée quelques heures plus tard à l'hôpital.

Près de cinq mois après, la famille de la défunte a déposé plainte pour «violences volontaires ayant entraîné la mort sans l'intention de la donner», rapportent les médias français. Pour les proches de la victime, la version avancée par le procureur de Marseille, selon laquelle «le choc facial n'était pas la cause du décès», est «totalement fausse».

La famille de Zineb Redouane réclame également que le dossier d'enquête soit déplacé dans une autre juridiction, l'enquête ayant été, selon eux, biaisée du fait notamment qu'aucun policier n'a jusqu'à présent été identifié comme l'auteur du tir.

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Tags:
Inspection générale de la police nationale (IGPN), enquête, décès, Zineb Redouane, LBD (lanceur de balles de défense)
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