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En dépit des promesses de «transparence» et de «lumière» sur le dossier de Steve Maia Caniço faites par Édouard Philippe et Christophe Castaner, «les zones d’ombre» dans l’enquête de l’IGPN sur le décès du jeune homme sont «patentes», affirme Mediapart dans son article.

De nouveaux détails sur le dossier de Steve Maia Caniço ont été rendus publics par Mediapart. Selon le média, le responsable de l’unité de CRS, présent sur place, n’a pas été auditionné, et l’IGPN n’a pas dévoilé les conclusions d’un compte-rendu d’opération sur l’appréciation de l’usage de la force.

Le responsable de l’unité de CRS non auditionné

Comme l’explique Mediapart, à la place, l’IGPN a entendu un commissaire présenté comme étant «en charge de la CRS». Pourtant, selon le média, ce commissaire, «qui n'est absolument pas CRS», ne dirigeait pas l’unité et ne prenait pas de décisions sur la stratégie opérationnelle à adopter.

«C’est le commandant et non le commissaire qui dirige sa propre unité», a précisé un enquêteur.

L’IGPN a retranscrit l’audition de cette personne de la façon suivante: «appelé en renfort, constatant à son arrivée selon lui à 4h45 des jets de projectiles sur les effectifs» de police, ce commissaire fait lui-même «l’objet de jets de projectiles sporadiques mais les CRS n’avaient pas engagé les moyens».

Néanmoins, souligne Médiapart, le compte-rendu de fin des opérations rédigé par l’unité de CRS, et «que l’IGPN s’est dispensée de publier», est «très explicite».

Refus d’utiliser «tous moyens lacrymogènes»

Le média a donc publié un extrait dans lequel on apprend qu’une partie de l’analyse faite par ce commandant de l’unité de CRS, qui est arrivée quai Wilson dans la nuit du 21 au 22 juin, soit quelques minutes après l’usage massif de grenades lacrymogènes. Selon le compte-rendu, il s’est refusé «à l’utilisation de tous moyens lacrymogènes pour éviter les mouvements de panique et les possibles chute dans le fleuve voisin». Il était, d’après lui, 4h50.

​Le commandant a précisé qu’au moment de l’arrivée de l’unité de CRS, l’intervention touchait à sa fin, mais il y avait toujours des projectiles «sporadiques». Comme le mentionne le compte-rendu, le responsable a réussi à résoudre la situation.

«Accompagné de mon transmetteur, j’ai pris contact avec certains individus et j’ai pu constater leur état d’énervement et leur forte ébriété. Après quelques échanges avec les plis récalcitrants où je leur expliquais notamment qu’il n’y aurait pas de violence de notre part, la tension est retombée et s’est progressivement figée.»

Le rapport de l'IGPN

Se référant au rapport de l'IGPN le 30 juillet, le Premier ministre français a fait le point sur le dossier de Steve Maia Caniço, donc le corps a été découvert le 29 juillet dans la Loire. Selon lui, l’Inspection générale n’a donc pas vu de lien entre «l'intervention des forces de police» et la disparition du jeune homme.

Disparu lors d'échauffourées

La soirée techno organisée dans le cadre de la Fête de la musique s’est terminée dans la nuit du 21 au 22 juin par des échauffourées entre participants et policiers venus exiger l'arrêt de la musique sur le quai Wilson, un endroit sans parapet de l'île de Nantes. De nombreux participants ont affirmé avoir été aveuglés par un nuage de gaz lacrymogène. Pris de panique, ils sont tombés dans le fleuve.

La police affirme de son côté qu'il n'y a eu «aucune charge» des forces de l'ordre, malgré le fait qu’elles avaient été visées par des projectiles.

Steve Maia Caniço, animateur périscolaire de 24 ans, a été porté disparu. Il ne savait pas nager, selon ses proches.

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