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    Une femme déclarée morte bataille devant la justice française pour prouver qu’elle est en vie

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    Reconnue juridiquement morte il y a quelques années, une femme n’arrive pas à prouver qu’elle est toujours de ce monde. Cette affaire kafkaïenne a été déclenchée après des témoignages déposés à la justice par l’une de ses anciennes employées.

    Déclarée décédée depuis des années, une Lyonnaise est contrainte de se battre pour que la justice la «ressuscite» après un jugement aux prud’hommes: son ancienne salariée avait indiqué qu’elle était morte.

    Il y a une dizaine d’années, elle était à la tête d’une petite entreprise et avait décidé de se séparer de l’une de ses salariées. Cette dernière a porté plainte et a réclamé des milliers d’euros de dédommagement en l’accusant de licenciement abusif. Il s’est avéré que, juridiquement, elle ne dirigeait aucune société et qu’il était impossible de répondre à la plainte. La salariée malchanceuse a alors annoncé au tribunal que son employeur était passée dans l’autre monde. De cette façon, ses héritiers auraient été contraints de lui payer des indemnités.

    «Un deuil qui n'a pas lieu d'être»

    Cette affaire ubuesque a fait plonger la femme dans un «syndrome dépressif»: elle ne sort plus de sa maison, elle imagine avoir plagié sa propre identité et subit «une véritable descente aux enfers», estime son mari. Son avocat réunit des preuves matérielles de son existence, y compris des photos récentes et des attestations de sa famille. «La mort juridique de ma mère est devenue pour elle une obsession», a écrit son fils.

    En effet, aucun témoignage n’a été déposé pour justifier son éventuel décès. Afin de le remettre en cause, il reste à définir la partie coupable de cette erreur. Est-ce un cas de fausse déclaration de l’ancienne employée ou s’agit-il d’une incurie judiciaire? «Dans le deuxième cas, je me réserve le droit de demander des comptes à l'État pour dysfonctionnement du service public de la justice», a envisagé l’avocat.

    Tags:
    cour de justice, justice, Lyon, morts
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