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Mouvement des Gilets jaunes après 40 semaines de mobilisation (43)
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Dans une interview sur France 2, Emmanuel Macron a abordé la question des Gilets jaunes et a assuré que les forces de l'ordre n'avaient pas commis de «violences irréparables» lors de ces mobilisations sociales et qu’il n’y avait pas eu «de mort à déplorer». Propos qui ont suscité une vague de réactions.

Évoquant récemment la gestion de la crise des Gilets jaunes, Emmanuel Macron a déclaré que le pire avait «été évité» et qu’il n’y avait pas eu de «violences irréparables». Des propos que certains manifestants et personnalités se sont permis de critiquer.

Invité du journal télévisé de France 2 lundi 26 août, le Président français a notamment parlé du mouvement des Gilets jaunes et a tenté d’expliquer le nombre élevé de blessés dans le cadre des manifestations.

«Il fallait quand même que l'ordre soit tenu. Et il n'a pas été tenu d'une manière où il y a eu ce que j'appellerais des violences irréparables. Le pire a été évité grâce [au] professionnalisme [des forces de l'ordre]», a-t-il affirmé.

Dans ce contexte, il a relevé que «tout au long de cette période, il n'y a pas eu de mort à déplorer».

Les affirmations de Macron contestées

Interrogé par France Info le 27 août, Arié Alimi, avocat membre du bureau national de la Ligue des droits de l'Homme, a abordé les propos tenus par Emmanuel Macron et le sujet des mutilations.

«Pourquoi est-ce que notre gouvernement a besoin d’amputer et de mutiler ces citoyens qui manifestent, alors que la plupart des pays européens, tous d’ailleurs, n’ont pas besoin de le faire?», s’est-il demandé, en soulignant que «mettre l’ordre public avant les libertés, c’est l’inverse de l’État de droit».

Jean-François Blanco, avocat et conseiller régional Nouvelle-Aquitaine Europe Écologie Les Verts, s’est résolument élevé contre la «novlangue insupportable de Macron».

La conseillère LFI de Paris Danielle Simonnet s'interroge sur le sort de Zineb Rédouane, octogénaire décédée à Marseille après avoir été touchée au visage, un jour de manifestation des Gilets jaunes, par des éclats de grenade lacrymogène alors qu'elle se trouvait chez elle.

Le chef du parti Gauche démocratique et sociale, Gérard Filoche, publie pour sa part une photo présentant des blessés avec Emmanuel Macron au premier plan.

Le journaliste David Dufresne s’est indigné en intitulant son tweet: «"Inacceptables mais pas irréparables", vraiment?». Avant de préciser le nombre de blessés et mutilés.

Quant à Fiorina Lignier, l’une des victimes, qui a été éborgnée lors d'une manifestation de Gilets jaunes, elle souligne que son visage n’est plus le même après qu’elle a perdu un œil.

Le quotidien Libération a exprimé son point de vue sur le choix des mots par le Président de la République en glissant une remarque entre parenthèses.

«Car un œil ou une main en moins, ça se répare visiblement.»

En neuf mois de manifestations des Gilets jaunes, le bilan est de 11 morts (la plupart lors d'accidents de la route), selon Libération et de plus de 4.100 blessés selon Mediapart (en additionnant manifestants et forces de l'ordre).

Dossier:
Mouvement des Gilets jaunes après 40 semaines de mobilisation (43)

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journalistes, Marseille, Europe Ecologie les Verts (EELV), forces de l'ordre, Mediapart, libération, morts, violences, blessés, gilets jaunes, Emmanuel Macron
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