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    Florian Philippot au Parlement européen

    Selon Philippot, un référendum sur la privatisation d’ADP serait «un cauchemar pour Macron»

    © AFP 2019 FREDERICK FLORIN / AFP
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    Dans une lettre envoyée à des politiques, intellectuels et Gilets jaunes, Florian Philippot appelle à un grand meeting réunissant les opposants de tous bords politiques à la privatisation d’Aéroports de Paris. Utopie ou pragmatisme politique? Sputnik France l’a interrogé sur ses ambitions et les enjeux de la procédure référendaire.

    Réunir sur une même scène Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, Olivier Faure et Nicolas Dupont-Aignan, dans un front commun contre la privatisation d’Aéroports de Paris (ADP), voilà l’objectif, très ambitieux, que s’est fixé Florian Philippot pour la rentrée. Ce dernier espère créer un «électrochoc» afin de mobiliser les potentiels soutiens au référendum. Bien que le référendum soit fort de 677.000 signatures recueillies à ce jour, les 4.700.000 signatures censées être obtenues avant le printemps 2020 ne sont encore qu’un lointain mirage.

    «Je suis inquiet, car au rythme actuel, on ne les a pas les 4,7 millions de signatures. Même si chacun fait campagne dans son coin, et c’est très bien, […] cela ne sera pas suffisant. Il faut un électrochoc en cette rentrée» souligne Florian Philippot sur une vidéo postée depuis son compte Twitter.

    Le président des Patriotes a donc brassé large en écrivant à des soutiens du référendum de tous bords, qu’ils soient responsables politiques, intellectuels ou même Gilets jaunes. Dans les lettres écrites aux différents dirigeants politiques, publiées ce 28 août, l’ancien numéro deux du Rassemblement national appelle notamment les responsables politiques à dépasser leurs clivages idéologiques sur une question «qui fait largement consensus» et «peu sensible idéologiquement»:

    «Si chaque courant d’opinion bat campagne de façon isolée, l’intérêt médiatique et populaire risque d’être extrêmement réduit. Ensemble, et sans que cela n’affecte naturellement nos divergences par ailleurs, nous créerons la dynamique nécessaire pour mettre en échec Emmanuel Macron et sauver Aéroports de Paris» explique-t-il dans cette lettre.

    Un objectif qui semble très lointain cela dit, car il reste difficile d’imaginer des personnalités politiques tels que Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen tenir un discours sur la même scène l’un après l’autre. Sputnik France lui a donc tendu le micro pour savoir s’il pensait cet objectif réaliste mais aussi quels étaient les enjeux sous-jacents de cette procédure référendaire. Entretien.

    Sputnik France: Tout d’abord, avez-vous eu des réponses aux lettres que vous avez envoyées?

    Florian Philippot: Il est encore tôt pour avoir des réponses des personnes concernées. Je me laisse encore quelques jours pour donner le temps de la réflexion à ces personnes, mais dès qu’il y aura des réponses, je le ferai savoir.

    Sputnik France: Ne pensez-vous pas que c’est un peu trop ambitieux d’essayer de rassembler sur scène des personnalités aussi hétéroclites politiquement que Marine Le Pen et Olivier Faure ou Jean Luc Mélenchon, bien que ceux-ci partagent ce point de vue sur la privatisation d’ADP?

    Florian Philippot: C’est sûrement très ambitieux, mais je crois qu’il faut de l’ambition pour être à la hauteur des événements. Pour la première fois, nous avons la possibilité d’avoir un référendum d’initiative partagée, c’est historique. Il faut maintenant avoir la signature de 4,7 millions de Français, ce qui est très compliqué, mais nous avons le devoir de réussir. De mon côté, je propose cette initiative en toute modestie, et, comme je l’ai écrit dans la lettre, nous avons le devoir d’être responsables et matures face à Macron. Nous ne sommes pas là face à un sujet idéologiquement clivant comme l’Europe, l’immigration ou le modèle économique. Nous sommes face à un sujet qui fédère, puisqu’on sait qu’à peu près tout le monde, sauf En Marche, est défavorable à la privatisation d’ADP. On doit donc pouvoir organiser un événement commun, dont je n’ai pas la prétention d’être l’unique organisateur par ailleurs.

    L’ambition est simple, il s’agit de dire qu’il nous reste environ six mois pour recueillir près de quatre millions de signatures et il faut que l’on s’organise. C’est pour cela que je propose, qu’ensemble, nous montions un comité de suivi permanent du recueil des signatures durant cette campagne et qu’à la rentrée nous organisions, symboliquement, un grand meeting. L’idée n’est pas que tout le monde s’embrasse sur scène, je suis bien conscient que des désaccords existent, c’est simplement que chacun prenne la parole en donnant son point de vue et cela permettra de susciter la curiosité des Français.

    Sputnik France: Pourquoi un meeting de ce type est-il nécessaire selon vous? Pensez-vous que la plupart des médias n’en parlent pas assez ou pas du tout?

    Florian Philippot: Je propose cela justement pour faire venir les médias. Si ils viennent, peut-être qu’enfin, ils commenceront à couvrir cette campagne référendaire, ce qui n’est pas le cas pour le moment. Cela permettra aux Français de connaître les enjeux, car encore beaucoup ne sont pas au courant, mais ils pourront se faire un avis, et éventuellement signer. Si on n’est pas capables, sur un sujet aussi consensuel que la privatisation d’ADP, de faire un événement commun, suite auquel chacun reprendrait le cours de sa vie et ses convictions, je pense que les Français nous en voudront.

    Sputnik France: Pensez-vous qu’empêcher la privatisation d’ADP pourrait mettre un coup d’arrêt à la politique d’Emmanuel Macron de «démantèlement» des services publics?

    Florian Philippot: Tout à fait. Je pense que l’existence de ce référendum serait un cauchemar pour Macron. Si ce référendum avait lieu, il y aurait par conséquent une campagne et les médias seraient obligés de s’y intéresser. Inévitablement, on serait obligés de parler de toutes les privatisations, et pas seulement celle d’ADP, mais aussi de sa politique vis-à-vis des services publics. On serait également obligés de parler de la procédure de démocratie directe, car pour la première fois ce serait le peuple qui aurait réussi à imposer un référendum ce qui ferait progresser l’idée de référendum d’initiative citoyenne. Nous sommes donc là sur des débats que Macron ne veut surtout pas ouvrir, c’est pour cela qu’il fait tout pour mettre l’étouffoir sur ce référendum. C’est aussi pour cela qu’ils ont créé un site absolument imbitable, ce qui est incompréhensible en 2019, ce qui est d’ailleurs volontaire de sa part car il ne veut surtout pas de ce référendum.

    Il faut donc que nous, dans l’opposition, nous donnions les moyens pour l’avoir et pour imposer ces débats de fond ce qui à mon avis ferait respirer la démocratie dans le pays. C’est d’ailleurs ce qu’attendent les Français, des débats de fond, et pas les espèces de cérémonies de grand débat à la télévision où Macron faisait semblant de parler avec des maires ou des citoyens qui ne sont au final pas des débat mais de la communication pilotée par le pouvoir. Nous souhaitons, à travers ce référendum, imposer la vraie démocratie et le vrai débat.

    Tags:
    privatisation, Aéroports de Paris (ADP), Emmanuel Macron, Florian Philippot
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