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    «La Police en Marche»… vers les clashs, polémique autour du nouveau syndicat policier

    © AFP 2019 PASCAL GUYOT
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    Axel Ronde, ex-secrétaire général du syndicat Vigi Police Île-de-France, a créé sa propre organisation, dénommée «La Police en Marche». Il souhaite «rassembler» ses collègues au-delà des clivages politiques. Alexandre Langlois, à la tête de Vigi, dénonce une «trahison». Sputnik France a interrogé les deux policiers afin de faire le point.

    «Je ne pouvais plus rester à Vigi, ce n’était plus possible. Nous sommes plusieurs collègues avoir quitté le syndicat. On nous demandait d’adhérer à la ligne politique de la France insoumise.»

    Axel Ronde, désormais ex-secrétaire général du syndicat Vigi Police Île-de-France, justifie la création de sa nouvelle formation, La Police en Marche. Le 21 septembre, il était l’invité de BFM TV afin de commenter le retour en force des Gilets jaunes.

    ​Les spectateurs ont pu découvrir la création d’un nouveau syndicat policier au nom très évocateur. Un soutien à la politique d’Emmanuel Macron? «Pas du tout», répond le principal intéressé, qui assure que son syndicat est «apolitique»:

    «Nous avons décidé de créer le syndicat La police en Marche, tout simplement, car nous souhaitons prendre exemple sur le tremblement de terre politique créé par En Marche, une formation partie de rien qui a réussi à fédérer. Nous souhaitons également fédérer. Vous avez des associations de policiers en colère qui ne peuvent pas légalement faire du syndicalisme. Nous voulons leur donner la possibilité de prendre leur destin en main. Le but de notre syndicat est d’être libre, ouvert et sans idéologie. Nous souhaitons rassembler un maximum de personnes d’horizons différents.»

    Malgré cette déclaration pleine de bonhomie, Axel Ronde se montre offensif envers Vigi et son secrétaire général, Alexandre Langlois: «Ce n’est jamais la faute de Monsieur Langlois, mais toujours des autres. Ce n’est pas possible de critiquer en permanence sans aller dans la négociation avec les chefs de service, ce qui est tout de même le but du syndicalisme.»

    ​Alexandre Langlois se défend pour sa part des affirmations d’Axel Ronde concernant son supposé soutien à la ligne politique du parti de Jean-Luc Mélenchon.

    «Cela n’a jamais été le cas. Nos statuts nous définissent comme une organisation apolitique. Nos adhérents proviennent de différents horizons politiques. Nous ne faisons justement pas de politique pour ne pas être limités dans notre liberté de parole», assure-t-il.

    Suite au passage d’Axel Ronde sur BFM TV, Vigi a publié un communiqué annonçant avoir «exclu» Axel Ronde. Parmi les griefs retenus contre ce dernier, Vigi assure qu’il «prenait des positions médiatiques au nom du syndicat contraire à [nos] orientations». «Lors d’une émission diffusée sur le site Arrêt sur Image, Axel Ronde n’a pas eu la position mesurée qui est la nôtre sur le maintien de l’ordre. Il n’a fait que prendre la défense de la BAC», assure Alexandre Langlois.

    «Je balaie d’un revers de la main tous les propos mensongers de Langlois. Un divorce se passe en général mal. Il y a toujours un des deux qui prend cela très mal, qui va vous faire des crasses et raconter n’importe quoi. C’est un échec total pour lui. Au lieu de le reconnaître, il va encore une fois se victimiser», rétorque Axel Ronde.

    Ce dernier assure qu’il n’était «pas adhérent à Vigi»: «J’étais secrétaire général de la CGT des personnels de la police nationale d’Île-de-France, qui avait la possibilité de s’appeler Vigi Police Île-de-France en vue d’une fusion des statuts avec VIGI, et j’ai refusé. J’ai présenté ma lettre de démission à monsieur Philippe Martinez et je ne fais plus partie de la CGT et je suis totalement libre et au syndicat La Police en Marche.»

    Faux, pour Alexandre Langlois qui assure l’inverse:

    «Axel Ronde était bien adhérent de Vigi. Il a arrêté de cotiser le 5 septembre. Pour ce qui de la CGT, il faut payer pour en être adhérent. Quand nous étions confédérés avec la CGT, une part des cotisations allait chez eux. Notre fédération a décidé de quitter la CGT A ce moment, les syndicats qui forment la confédération Vigi devaient mettre en conformité leurs statuts avec les décisions du congrès. Tout le monde l’a fait sans difficulté sauf Axel Ronde, qui a joué la montre pour ne pas perdre sa place à la CGT. Il a donc joué un double jeu en utilisant encore des jours de formation de la CGT.»

    Les deux hommes se rendent coup pour coup. Axel Ronde assure qu’Alexandre Langlois craignait qu’il «ramène trop d’adhérents à Vigi» et soit ainsi en position «de prendre sa place» à la tête de la confédération syndicale. Il s’inquiète que le secrétaire général de Vigi «puisse avoir une tribune médiatique» et rappelle qu’il est «suspendu pour six mois de la police nationale». De son côté, Alexandre Langlois regrette la tournure prise par les événements: «La trahison était déjà là. Nous pensions que cela se réglerait en interne, tranquillement, mais son choix d’aller en plateau sur BFM TV nous a forcés à communiquer.» «Bon vent à lui et bon débarras pour nous!», lance-t-il, avant d’affirmer que le syndicat d’Axel Ronde a «trois adhérents». Le secrétaire général de Vigi assure par ailleurs que le nom choisi par Axel Ronde pour sa nouvelle formation syndicale pourrait lui attirer des ennuis:

    «Cela risque de poser quelques problèmes d’ordre juridique. Par le passé, un syndicat avait tenté de déposer le nom de Front national police et cela avait été interdit, car trop proche d’un parti politique. Peut-être qu’Axel Ronde ne connaissait pas cette jurisprudence. Affaire à suivre.»

    Axel Ronde assure que Vigi «lance des cagnottes de soutien», alors que syndicat disposerait d’un «trésor de 600.000 euros» suite à la vente d’un appartement. «Effectivement, nous avons vendu un appartement dans Paris qui nous a permis de faire face à des dépenses, procès et dettes. Une partie a donc été dépensée et le reste a été placé pour faire quelques intérêts et nous permettre de survivre», répond Alexandre Langlois.

    La décision d’Axel Ronde de créer sa formation syndicale a été précédée de prise de contact avec d’autres formations. Ce dernier assure avoir «reçu des offres», mais avoir «préféré la liberté d’avoir sa propre organisation». Il a notamment joint Michel Thooris, secrétaire général du syndicat France Police –Policiers en colère. Ce dernier s’est fendu d’un communiqué afin d’expliquer sa version des faits: «Axel Ronde (le patron de « En Marche » dans la Police) nous a contactés à plusieurs reprises cette année pour basculer à France Police –Policiers en colère, sous réserve d’un détachement permanent. À défaut de réponse favorable, il est maintenant "En Marche".»

    «Je suis allé voir ce que proposait France Police –Policiers en colère afin de voir si l’on pouvait travailler ensemble. Je leur ai demandé s’il y avait la possibilité de faire du syndicalisme et ils m’ont proposé 50 jours de détachement. Mais ensuite, je me suis rendu compte où je mettais les pieds. À savoir que Michel Thooris, le secrétaire général du syndicat, avait été sur les listes de Front national. Finalement, j’ai préféré créer mon propre syndicat», explique quant à lui Axel Ronde.

    Michel Thooris lui donne rendez-vous lors du prochain scrutin:

    «Rendez-vous aux prochaines élections professionnelles pour savoir combien de voix "En Marche" sous sa forme syndicale dans la police nationale, fera. Sachant qu’au royaume des fayots, il y a déjà du monde sur la ligne de départ. La concurrence va être rude.»

    Ambiance…

    Tags:
    police, France
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