Ecoutez Radio Sputnik
    Un stylo

    L’Université de Cergy-Pontoise s’excuse après un formulaire censé aider à détecter la radicalisation

    © Fotolia / Sinisa Botas
    France
    URL courte
    12112
    S'abonner

    L’Université de Cergy-Pontoise (Val-d’Oise) a envoyé le 14 octobre à ses personnels un formulaire afin d’identifier les «signaux faibles de radicalisation». Ce fichier a été dévoilé sur Twitter le même jour, provoquant une vive polémique. L’établissement a dû reconnaître une maladresse et s’excuser.

    Sur fond de polémique, l’Université de Cergy-Pontoise a présenté ses excuses pour la publication d’un formulaire adressé à ses personnels visant à détecter des «signaux faibles de radicalisation».

    C’est un professeur de l’établissement qui a mis le feu aux poudres le jour même de la diffusion du formulaire après l’avoir reçu. Clément Carbonnier a dénoncé sur Twitter un email envoyé par la direction à près de 1.800 membres du personnel qui vise à détecter les signes d’une radicalisation.

    Selon M.Carbonnier, les «signaux faibles d’une radicalisation» comprennent: l’absentéisme récurrent aux heures de prière (le vendredi), le port d'une djellaba, le port d’une barbe sans moustache, l’apparition du port du voile, l’arrêt de la consommation de boissons alcoolisées, l’arrêt soudain de la consommation de nourriture à base de porc, la consommation récente de produits hallal, ne plus faire la fête, l’intérêt soudain pour l'actualité nationale et internationale.

    «Mon premier réflexe a été d'écrire un tweet pour expurger ma colère, dans l'espoir de faire réagir les collègues», a expliqué à l'AFP le professeur. «C'est totalement aberrant, j'ai honte.»

    D’autres messages révélateurs ont suivi la dénonciation de M.Carbonnier:

    Le message en question a été envoyé par le fonctionnaire chargé de la sécurité et de la défense qui «a visiblement pris lui-même l’initiative suite à la tuerie de la préfecture de police», a expliqué au Parisien le président de l’Université François Germinet.

    «Le premier était extrêmement maladroit. Notre intention n'était pas de stigmatiser une communauté. Notre établissement a toujours prôné la diversité. Quand un débat national s'ouvre sur le voile à l'Université, je suis le premier à monter au créneau pour demander de nous laisser tranquilles!», a-t-il déclaré.

    Suite à la fuite du document, l’Université de Cergy-Pontoise a publié un communiqué annonçant le retrait de ce formulaire «diffusé en interne […] dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et la prévention des phénomènes de radicalisation» et disant «regretter vivement d'avoir pu heurter ou choquer [...] par une formulation inappropriée et source d'incompréhension».

    Attaque au couteau contre la préfecture de Paris

    L’envoi de ce fichier fait suite à l’attaque à la préfecture de police de Paris et au discours du Président de la République qui a appelé à la «solidarité nationale» pour combattre «l’hydre islamiste».

    Une attaque au couteau à la préfecture de police de Paris a fait jeudi 3 octobre quatre morts - trois policiers et un agent administratif - ainsi qu’un blessé. L’auteur de la tuerie, qui faisait partie du personnel et qui travaillait à la Direction du renseignement de la préfecture de police (DRPP), a été abattu.

    Après avoir constaté certains signes de radicalisation chez le meurtrier après sa conversion à l’islam, les enquêteurs estiment qu’il pourrait s’agir d’une éventuelle attaque djihadiste et l’affaire a été remise au parquet national antiterroriste.

    Tags:
    radicalisation, université
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik