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L’expression «Allahu akbar» lancée par des manifestants lors de la marche contre l’islamophobie à Paris a débouché sur une polémique, y compris chez les élus. L’ancien directeur du CCIF a livré une explication.

Lors de la marche contre l’islamophobie qui s’est déroulée le 11 novembre à Paris, un manifestant -Marwan Muhammad, ancien directeur du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF)- a scandé «Allahu akbar» et la foule l’entourant a vite reprise ce takbir –une expression glorifiant Dieu.

​Dans une vidéo partagée sur les réseaux sociaux, on l’entend justement dire: «On dit "Allahu akbar" («Dieu est le plus grand»), car on est fiers d’être musulmans et on est fiers d’être citoyens français». Cette phrase est accueillie par une acclamation massive.

«On dit "Allahu akbar", poursuit-il, parce qu’on en a marre que des médias fassent passer cette expression pour une déclaration de guerre».

Appel «à une réaction républicaine»

Toutefois, l’apparition de cet enregistrement sur la Toile a provoqué plusieurs réactions négatives, y compris de la part d’élus.

Ainsi, le député des Alpes-Maritimes Éric Ciotti, a estimé: «l’islam politique […] s’empare de la rue».

​Et d’appeler à une «réaction républicaine forte, implacable. La laïcité et notre mode de vie sont mis en danger par des militants islamistes».

Gilles Lebreton, ce député français au Parlement européen et membre du groupe Identité et Démocratie, a vu dans l’événement qui s’est déroulé samedi un événement «islamiste» et a fustigé la gauche qui l’a soutenu.

François-Xavier Bellamy, député au Parlement Européen, a pour sa part estimé que si cette déclaration est perçue comme «déclaration de guerre», c’est la responsabilité des «terroristes islamistes qui, en criant ces mots, ont tué 263 personnes en France, en moins de dix ans».

Marwan Muhammad clarifie son message

Sur son compte Twitter, Marwann Muhammad a expliqué que «Allahu akbar», n’était pas une «déclaration de guerre»:

​En outre, dans son commentaire à CheckNews de Libération, il a expliqué que son objectif était de «dédramatiser l’expression».

Selon lui, il a d’abord dit «Salam aleykoum», formule de salutation en arabe qui signifie «que la paix soit sur vous», et a expliqué qu’il s’agissait d’un message de paix, comme d’autres expressions. Il a alors lancé en exemple «Allahu akbar» et la foule a repris le takbir.

«J'ai été surpris, mais du coup je me suis dit que j'allais faire quelque chose avec ça pour montrer qu'il faut dédramatiser l'expression».

La formule en question, devenue tristement célèbre à cause des terroristes, est en effet largement employée par les musulmans, y compris pour exprimer la joie, l’étonnement et lors de l’appel à la prière.

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Tags:
anti-islamophobie, soutien, marche, Paris
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