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Grève générale contre la réforme des retraites en France (170)
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Ne pas être entendu, tel est le sentiment régnant au sein du rassemblement de policiers contre la réforme des retraites en ce jour où Édouard Philippe a énuméré les grandes lignes du projet gouvernemental. Selon les délégués syndicaux de la police, ces réponses «nulles» ne pourront pas calmer «la colère» qui s’est embrasée.

Les policiers ont été nombreux à venir manifester ce mercredi 11 décembre, avant que le Premier ministre n’annonce les principaux points de la réforme des retraites. Sans quitter la rue, ils ont suivi son discours sur leurs téléphones. Ont-ils été convaincus par les mesures annoncées? Sputnik est allé à la rencontre des représentants des principaux syndicats pour connaître leurs impressions.

«Les réponses qu’on nous a apportées sont nulles, elles ne correspondent pas du tout à ce qu’on attend», fustige Philippe Capon, secrétaire général d'Unsa-Police.

«On continue le mouvement»

Pour lui, le métier de policier n’est plus une mission, mais plutôt une fonction. Les policiers exigent «du concret», tandis que le dialogue social devient «impossible».

«On va durcir s’ils ne comprennent pas», déclare-t-il. «Aujourd’hui on ne nous a pas répondu donc on continue le mouvement.»

Face aux déclarations d’Édouard Philippe, le premier syndicat de la RATP, Unsa, a dénoncé le fait que le gouvernement «cultive le désespoir des gens» et incité à «élargir» et installer «dans la durée» le mouvement protestataire.

«Boycott complet et total»

«Sur le terrain on appelle déjà au boycott complet et total», déclare le secrétaire général de l'Alliance Police Nationale, Fabien Vanhemelryck. Le mouvement, on «continuera le rapport de forces», ajoute-t-il, puisque le gouvernement «n’est pas capable de répondre» à leurs attentes.

«Notre réaction est assez simple. Ça ne va pas calmer la colère des policiers. Quand on entend ce genre de choses, il vaut mieux être sourd», martèle M.Vanhemelryck. «Donc on va amplifier évidemment le dispositif, on va faire en sorte d’être entendus, parce qu’aujourd’hui on ne nous écoute pas. […] Tout ou tard, ils n’auront pas de choix. Édouard Philippe, nous allons demander une audience auprès de lui.»

Il reconnaît pourtant que les agents interviendront tout de même en cas d’urgence absolue «parce qu’il est hors de question de mettre quelqu’un en danger», mais tient à souligner la fatigue et l’épuisement, par exemple, dans les rangs des CRS qui «n’iront plus travailler».

Yves Lefebvre, secrétaire général de l’Unité SGP Police-FO, estime de son côté que «l’accueil va être à la hauteur de nos outils, à savoir le sifflet, tout simplement. On est respectueux, nous sommes des policiers républicains. On a encore démontré hier et on démontrera à travers tous les mouvements difficiles, mouvements sociaux où il s’agit pour nous de protéger l’intégrité physique des manifestants et d’appréhender, neutraliser les black blocs.»

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Tags:
syndicats, police, réforme des retraites, Edouard Philippe
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