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Nicolas Lerner, patron de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), a donné une longue interview à nos confrères de France Info dans laquelle il est revenu sur la menace terroriste qui pèse sur l'Hexagone. Si elle a «évolué», celle-ci «demeure élevée».

Sa parole est rare. Et c'est la période des fêtes, traditionnellement à risque au niveau sécuritaire, que Nicolas Lerner, patron de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), a choisie pour dresser un état des lieux de la menace terroriste qui plane sur la France. Dans un long entretien accordé à nos confrères de France Info, il assure que le risque d'attaque terroriste sur le sol français «demeure aujourd'hui élevée en cette fin d'année 2019»:

«Je rappelle que plusieurs attentats ont été tentés. Souvenons-nous de Lyon au mois de mai dernier, souvenons-nous aussi du drame qui s'est passé au sein de la prison de Condé-sur-Sarthe. Je rappelle également que les différents services de renseignement, de police, ont déjoué quatre attentats durant l'année 2019.»

Si le menace est amenée à durer d'après le patron de la DGSI, elle a «évolué», selon son analyse. «La capacité des groupes terroristes à concevoir et à planifier des attaques depuis l'étranger et à les mener sur le territoire national, y compris avec l'infiltration de combattants jihadistes, cette menace-là, sans avoir disparu, a diminué», explique-t-il.

​S'il rappelle que services français travaillent de concert avec leurs partenaires, notamment concernant «le risque notamment d'exfiltration de combattants sur zone», il voit désormais l'Hexagone davantage confronté à une autre forme de menace: une menace «endogène»:

«Aujourd'hui, la plupart des individus dont nous assurons le suivi sont en effet des individus qui sont pour l'essentiel nés en France, qui ont grandi en France et qui aujourd'hui adhèrent à l'idéologie mortifère de Daech, sans être allés sur zone. L'exclusivité des profils impliqués dans des affaires terroristes en 2019 relève de cette catégorie. Nous ne détectons plus de liens entre les sympathies de cette idéologie et les groupes terroristes sur zone.»

Reste que la menace des combattants de retour d'Irak et de Syrie reste d'actualité. «Ce sont 1.300 personnes, françaises ou de nationalité étrangère, qui ont quitté le territoire national pour rejoindre l'organisation État islamique*. Aujourd'hui, un peu plus de 280 d'entre eux sont d'ores et déjà revenus sur le territoire national. Tous ont été judiciarisés à leur retour. La majorité d'entre eux est encore incarcérée et tous continuent à faire l'objet d'un suivi par les services de renseignement», rappelle Nicolas Lerner qui précise également que concernant ceux qui sont «toujours en Syrie ou en Irak, la position de la France est de considérer que ces individus ont vocation à répondre de leurs crimes et de leurs exactions là où ils les ont commis».

​Enfin, au sujet des personnes radicalisées qui vont retrouver la liberté après avoir purgé leur peine, «plus de 500 individus sont aujourd'hui incarcérés pour des faits de terrorisme et près de 900 autres sont incarcérés pour des faits de droit commun et suspectés de radicalisation, nous avons donc potentiellement 1.400 individus», précise Nicolas Lerner.

Il se veut rassurant à propos de la menace qu'ils représentent:

«Soyez sûrs de la mobilisation de nos services. Une part importante des renforts humains et budgétaires accordés par l'actuel gouvernement ira à ce sujet du suivi des sortants de prison.»

​Selon la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol), entre 1979 et 2019, la France a été frappée par 71 attentats islamistes qui ont fait 317 morts. Au niveau mondial, sur la même période, Fondapol a recensé 167.000 morts.

*Organisation terroriste interdite en Russie.

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