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Après avoir indiqué la présence d'Emmanuel Macron au théâtre des Bouffes du Nord la veille, relayant un appel à perturber la soirée, le journaliste Taha Bouhafs a été remis en liberté samedi soir. Il a été placé sous le statut de témoin assisté. L’enquête se poursuit.

Le journaliste Taha Bouhafs, interpellé vendredi après la manifestation qui a perturbé une sortie au théâtre d'Emmanuel Macron, est ressorti libre samedi soir sans être mis en examen, a appris l'AFP auprès de son avocat.

À l'issue de la garde à vue et afin de poursuivre les investigations, le parquet de Paris a décidé d'ouvrir samedi une information judiciaire pour «participation à un groupement formé en vue de commettre des violences ou des dégradations» et «organisation d'une manifestation non-déclarée», selon une source judiciaire.

À ce stade, la juge d'instruction a toutefois décidé de placer M.Bouhafs, 22 ans, sous le statut de témoin assisté, intermédiaire entre la mise en examen et le statut de témoin simple.

«C'est un dépassement inédit des atteintes à la liberté d'informer et aux droits des journalistes, à la demande de l'Élysée», a réagi auprès de l'AFP Me Arié Alimi, pour qui «ce n'est que le début d'une affaire d'État».

Taha Bouhafs avait été interpellé vendredi soir, son arrestation provoquant à la fois une vague de soutiens et de contestations de son statut de journaliste.

Le rapport de la police sur la soirée perturbée

Ce soir-là, le jeune homme est présent dans le même théâtre que le Président, au 44e jour de grève contre la réforme des retraites. Le reporter filme alors M.Macron assis devant lui puis diffuse la vidéo sur Twitter.

Peu après, quelque 200 manifestants dans la rue se dirigent vers l'entrée. Parvenu à forcer l'entrée, le groupe est stoppé dans le hall, mais certains réussissent toutefois «à ouvrir deux portes qui donnaient sur la salle de spectacle» pendant «environ 30 secondes, ce qui a perturbé la présentation mais ne l'a pas interrompue», rapportent les policiers.

Le Président Macron, présent avec son épouse, est alors «sécurisé» pendant quelques minutes puis retourne voir la pièce jusqu'au bout, selon son entourage.

Mais alors que les policiers faisaient sortir les manifestants du théâtre, «M.Bouhafs, resté sur les marches pour filmer l'évacuation, nous a été désignés par un membre du GSPR [service de sécurité de la présidence, ndlr] comme étant celui qui était précédemment dans la salle et qui a appelé à participer à l'attroupement», selon les rapports.

Pour l'avocat de M.Bouhafs, son client s'est borné à transmettre une information, déjà diffusée par un autre compte Twitter quelques minutes avant.

Il dénonce enfin la saisie par la justice de son téléphone, dans lequel se trouvent les images de la scène mais aussi les contacts du journaliste.

Taha Bouhafs, aussi connu pour avoir filmé Alexandre Benalla en train de violenter un couple à Paris le 1er mai 2018, avait déjà été placé en garde à vue en juin lors d'une manifestation en banlieue parisienne, s'attirant le soutien d'une partie de la profession. Il doit être jugé le 25 février à Créteil pour «outrage et rébellion».

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