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Soupçonnés d’avoir projeté de fabriquer des bombes en vue d’un attentat terroriste, les jeunes comparaissent devant le tribunal le 31 janvier aux assises de Paris.

Des peines de 10 et 15 ans de réclusion ont été requises vendredi aux assises de Paris à l'encontre de deux frères soupçonnés d'avoir voulu fabriquer des explosifs en Seine-Saint-Denis pour un projet d'attentat djihadiste en 2017, informe l’AFP.

L'avocate générale a aussi demandé 16 ans de réclusion pour leur cousin, accusé de les avoir influencés depuis sa cellule de prison, et 12 ans à l'encontre d'un co-détenu, considéré comme complice.

Les quatre accusés, qui ont tous contesté à la barre un quelconque projet d'attentat, sont jugés pour «association de malfaiteurs terroriste criminelle» ainsi que, pour certains, «transport» et «détention d'éléments destinés à composer un engin explosif».

Lors d'un contrôle de routine en janvier 2017, des policiers avaient trouvé, dans le placard électrique d'un immeuble de Clichy-sous-Bois des produits et du matériel pouvant entrer dans la composition du TATP, un explosif artisanal prisé des djihadistes de Daech*.

Acétone, acide sulfurique, thermomètre, plaque d'aluminium... Sur ces objets, les profils génétiques de Mohamed et Amar-Islam B., qui habitaient l'immeuble, avaient été identifiés.

Le procès a mis au jour «deux cellules», a estimé vendredi l'avocate générale, la «cellule familiale» et la «cellule carcérale». «Au sein de ces deux espaces clos, mais en réelle communication, a germé un projet terroriste», a-t-elle assuré.

Elle a requis 15 ans de réclusion contre Mohamed B., 23 ans, chez qui une «accumulation» d'images de propagande de Daech* ont été retrouvées. Ce dernier a reconnu avoir voulu fabriquer des explosifs mais «par curiosité», sans «intention malsaine», informe l’agence.

Son frère Amar-Islam B., 25 ans, était «plus en retrait», a concédé la magistrate, mais une «seringue» a été retrouvée dans sa chambre et il «ne pouvait ignorer le projet de son frère» ni ses «convictions radicales».

Elle a dépeint leur cousin, Ouassini B., 25 ans lui aussi, comme la «pierre angulaire» du dossier: déjà condamné à sept ans de prison pour financement du terrorisme, il a des «convictions djihadistes avérées» et une «autorité familiale et religieuse», a-t-elle argué.

À l'époque, trois des quatre accusés communiquaient entre eux par téléphone. Les enquêteurs ont retrouvé des conversations sur l'application cryptée Telegram où circulaient des vidéos appelant au «djihad individuel» et des tutoriels pour réaliser des explosifs.

Mohamed B. «n'est en guerre contre personne, il n'a pas d'ennemi», a répliqué son avocat Me Florian Lastelle, affirmant dans sa plaidoirie que son client s'était «laissé entraîner» dans une «fiction» qu'il ne «maîtrisait pas».

Adélaïde Jacquin, avocate d’Amar-Islam B., a brossé le portrait d'un homme «en marge» de sa famille, sans pratique religieuse. «Il n'a rien à faire dans ce dossier», a-t-elle résumé.

«L'habit qu'on veut faire porter à mon client est bien trop grand», a plaidé Me Benoit David, contestant le rôle de «mentor» attribué à Ouassini B.

Un quatrième membre de cette famille, le petit frère de Ouassini B. alors âgé de 15 ans, a été condamné en octobre 2019 par la justice des mineurs à cinq ans de prison dont deux avec sursis.

*Organisation terroriste interdite en Russie

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Tags:
tribunal, djihadisme, France
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