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L’Assemblée nationale a rejeté le 17 février la motion référendaire sur la réforme des retraites. Cette motion avait été soutenue par 60 députés de divers horizons politiques. Après le Référendum d’initiative citoyenne, ce nouveau refus pose plus largement la question de la démocratie directe et du processus référendaire en Ve République.

Compte tenu de la distribution des sièges à l’Assemblée nationale, la tentative de soumettre la réforme des retraites à un référendum ressemblait à un coup d’épée dans l’eau de la part de la gauche. Défendue unanimement par l’opposition de gauche, la procédure référendaire présentée le 17 février est «un acte rare, un acte fort», a affirmé André Chassaigne, chef de file du groupe communiste à l’origine de cette procédure, avant d’ajouter, «Soixante signataires de différentes sensibilités politiques pensent que le peuple doit avoir la parole sur ce projet de loi».

Devant la fermeté du gouvernement face à la contestation sociale du projet de réforme des retraites, ses opposants parlementaires ont réussi à réunir les voix nécessaires (il en fallait 58 minimum) afin que la proposition de référendum soit soumise au vote. Les députés communistes ont rassemblé une coalition éclectique, qui allait de députés Insoumis au député Xavier Breton (LR), en passant par des élus PS et Libertés et Territoires (groupe parlementaire d’élus de gauche au centre-droit).

«Si l’on veut faire descendre la température, il est temps que le Président de la République en vienne à des méthodes plus démocratiques. S’il tient à tout prix à cette réforme parce qu’il pense qu’elle est bonne pour le pays, qu’il constate que les gens n’en veulent pas, alors qu’il organise par exemple un référendum», avait lancé Jean-Luc Mélenchon, chef du groupe La France insoumise le 13 janvier, aux côtés de grévistes.

​Même son de cloche du côté de Marine Le Pen, ex-candidate à l’élection présidentielle et dirigeante du RN, qui regrette «que cette réforme ne passe pas par la validation des Français» et que le débat ait lieu «dans une Assemblée dont nous savons pertinemment qu’elle ne représente pas l’avis des Français aujourd’hui».

67% des Français favorables à un référendum sur la réforme des retraites, selon l’IFOP

Que nenni, rétorque la majorité. Pour les députés qui soutiennent la réforme, cette tentative référendaire est une obstruction démocratique au programme présidentiel, pour lequel ont voté les Français (8,5 millions de voix au premier tour). La députée MoDem Nathalie Élimas, explique que c’est une «obstruction» à une réforme décrite «noir sur blanc dans le projet du candidat Macron élu démocratiquement Président de la République».

Après le rejet total de l’instauration du référendum d’initiative citoyenne (RIC) au moment de la crise des Gilets jaunes, ce nouveau refus de soumettre une réforme clivante à la volonté populaire interroge sur la qualité démocratique du gouvernement.

​Il y a d’ailleurs eu à intervalles réguliers des référendums dans l’histoire de la Ve République. Dans cette dernière, qui se veut ouvertement verticale, face à une aspiration croissante d’expression démocratique, le référendum pourrait selon certains procurer cette respiration démocratique, qui fait défaut depuis 2005. Si inatteignable soit-elle, la pétition pour obtenir un référendum sur la privatisation d’Aéroports de Paris est peut-être un début.

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