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Un récent article de Mediapart fait état du niveau de salaire très élevé des dirigeants de la FNSEA, alors même que le monde agricole est touché par la précarité et que l’organisation syndicale serait elle-même dans le rouge. Cette dernière a qualifié cette enquête de «règlement de comptes».

La précarité ne touche vraisemblablement pas tous les acteurs du monde agricole. Un article publié le 19 février sur le site Mediapart dévoilant le revenu de plusieurs dirigeants de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) a provoqué la colère de l’organisation. Celle-ci dénonce un «règlement de comptes» et évoque «la méthode détestable» du média.

L’enquête intitulée «À la FNSEA, le train de vie hors sol des dirigeants» a notamment révélé le salaire de son nouveau directeur général, Clément Faurax, s’élevant à «13.400 euros brut mensuels, soit 3.300 euros de plus que le ministre de l’Agriculture». De manière générale, les postes de direction ont connu des augmentations de 5 à 30%, selon les cas, depuis l’arrivée de la nouvelle direction en avril 2019.

Ainsi, le salaire du directeur adjoint a été rehaussé de 30% pour atteindre 9.600 euros brut mensuels, tandis que le directeur du département «économie et développement durable» touche 7.500 euros brut (+11,5%), et celui du département des affaires sociales gagne 7.400 euros brut (+14%), affirme Mediapart.

Le média dénonce ainsi des niveaux de rémunération bien supérieurs à ce qui se pratique dans les autres syndicats. Pourtant, la FNSEA aurait fait état d’1,5 million d’euros de pertes pour l’année 2019. Par ailleurs, la faiblesse des revenus des agriculteurs est l’un des thèmes choisis par l’organisation pour le prochain Salon de l’agriculture, qui débutera samedi 22 février.

Le cas Catherine Lion

L’auteur de l’article, Amélie Poinssot, s’est également penchée sur le cas de Catherine Lion. Quelques mois avant son départ à la retraite, elle a quitté son poste de directrice générale pour devenir conseillère à temps partiel (125 jours de travail par an). Pour cette fonction, elle a touché 8.900 euros, auxquels s’ajoute une «prime mensuelle» de 6.000 euros, soit 14.900 euros. Elle en touchait 100 de moins lorsqu’elle était directrice générale.

De plus, lorsque Mme Lion a officiellement pris sa retraite, elle a pu toucher une prime de départ de 146.300 euros brut. Mediapart affirme qu’il s’agit d’un montant très supérieur à celui prévu par l’accord interne au syndicat, qui prévoyait l’équivalent de six mois de salaire.

Elle n’a en réalité pas quitté la FNSEA, puisqu’elle y est toujours salariée à temps partiel, en plus de sa pension de retraite. Ainsi, le média estime que Catherine Lion touche encore 12.500 euros par mois.

Réaction de la FNSEA

La Fédération a publié un communiqué de presse dans la foulée, dans lequel elle indique qu’il s’agit plus d’un «règlement de comptes» que d’une enquête journalistique. Elle précise que les rémunérations de ses dirigeants, contrairement à ce qu’affirme Mediapart, sont «en dessous des normes observées dans une organisation professionnelle nationale de cette taille». Elle affirme enfin que les documents utilisés pour écrire cet article ont été obtenus «en toute illégalité».

Jeudi 20 février, la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, a réagi à cette polémique sur France Inter. Elle a tenté de se justifier en indiquant que l’organisation avait besoin d’«experts de haut niveau» et a confirmé qu’une plainte avait été déposée pour «vol de documents».

Elle a également accusé Mediapart de vouloir «salir la FNSEA et amoindrir son image», sans pour autant clairement confirmer si les chiffres révélés par l’enquête étaient exacts ou non.

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Tags:
syndicats, agriculteur, salaire, Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA), enquête, Mediapart
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