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Lorsqu’il sollicitait en 2016 Salah Abdeslam, le seul survivant du commando du Bataclan, Juan Branсo n’était pas encore avocat. Des confrères ont dénoncé auprès du magazine Marianne un «exercice illégal de la profession» et une «usurpation de titre».

En octobre 2016, Juan Branсo avait écrit une lettre, publiée par Valeurs Actuelles, au seul survivant du commando du Bataclan, Salah Abdeslam, en vue de le convaincre d’accepter qu’il prenne sa défense.

Dans cette lettre, M.Branco, qui se présente comme «avocat de Julian Assange», affirme n’avoir «jamais partagé la position de votre avocat bruxellois et de ses confrères» et appelle Salah Abdeslam à les congédier.

«Vous dégrader ne sert à rien. Je vous encourage donc à poursuivre dans votre voie, mais vous recommande de vous faire accompagner», écrit Branco, l’actuel avocat de l’«artiste» russe Piotr Pavlenski. Et d’avancer: «J’ai votre âge, et je suis un enfant que ce pays ne considérera jamais comme le sien. Je suis un fils d’immigré. J’ai fait le choix de la résistance. Celle de l’intérieur. Vous, de la violence. Celle de l’extérieur.»

Un an de prison et 15.000 euros d'amende

Néanmoins, d’après les informations du magazine Marianne, Me Branco n’était pas encore avocat en octobre 2016. Il n’a prêté serment que le 28 avril 2017. Ses nombreux confrères ont indiqué le 25 février auprès de Marianne un «exercice illégal de la profession» et une «usurpation de titre». Selon l'article 433-17 du code pénal, il s’agit d’un délit passible d'un an de prison et de 15.000 euros d'amende.

Pour maître Frank Berton, le premier avocat français d'Abdeslam, cette situation est «minable et pitoyable».

«Il a écrit ce courrier le 16 octobre, le jour même où nous faisions une conférence de presse avec mon confrère belge pour annoncer que nous renoncions à défendre Abdeslam. À mon sens, le parquet comme le bâtonnier pourraient enclencher les poursuites pour exercice illégal de la profession, voire tentative d'escroquerie. Salah Abdeslam sait parfaitement qui est Julian Assange. En se présentant comme son avocat, alors qu'il ne l'était pas, Monsieur Branco a franchi la ligne rouge.»

«C’était pas une erreur»

Interrogé par Marianne, Juan Branco ne dément pas le fait qu’il n’avait pas encore prêté serment à l’époque. Il s’explique toutefois:

«En octobre 2016, je venais d’obtenir le Capa et comptais prêter serment dans la foulée, mais j’ai fini par attendre quelques mois, le temps de finir mon contrat au Max Planck [un centre de recherche en droit basé en Allemagne, ndlr] sur les violences de masse et Daech*. Voilà, j’aurais pu le devenir dans la foulée si je l’avais souhaité.»

Le 24 février, M.Branco a en outre annoncé sur Sud Radio que l’envoi du courrier n’était pas une «erreur».

«Pas du tout, au contraire. Je prends la robe qu’on essaie de me retirer pour permettre à ceux qui ne sont pas défendables d’être défendus», a-t-il dit.

*Organisation terroriste interdite en Russie

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Tags:
Juan Branco, Salle de spectacle du Bataclan, France
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