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Élections municipales de 2020 en France (95)
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Pour contenir l’épidémie de coronavirus, Emmanuel Macron a annoncé le report du second tour des municipales. Si aucune date n’a été avancée, les déclarations d’Agnès Buzyn, qui estime que celles-ci ont été une «mascarade», viennent remettre en cause la tenue du premier. Le Parti animaliste donne à Sputnik son avis sur cette situation.

Le Président de la République a annoncé lundi 16 mars lors de son allocution télévisée des mesures fortes afin d’endiguer l’épidémie de coronavirus. Parmi elles figure le report du second tour des élections municipales qui devait se tenir le 22 mars. «Dans ce contexte, après avoir consulté le président du Sénat, de l’Assemblée nationale et mes prédécesseurs, j’ai décidé que le second tour des élections municipales serait reporté. […] Cette décision a fait l’objet d’un accord unanime», a fait savoir le chef de l’État.

Sputnik s’est entretenu avec Isabelle Dudouet-Bercegeay, cofondatrice et coprésidente du Parti animaliste, qui avait créé la surprise lors des élections européennes de 2019 en devançant des formations politiques comme Lutte ouvrière, les Patriotes ou encore l’UPR, afin de recueillir son sentiment sur ce report.

«On constate qu’il y a un double scandale. Un scandale sanitaire et démocratique. De notre point de vue, c’est évident qu’il ne fallait pas maintenir le premier tour. Il y avait énormément de signaux qui indiquaient qu’il ne fallait pas le faire et pourtant ils l’ont maintenu.»

Les récentes déclarations d’Agnès Buzyn semblent confirmer l’existence de ces nombreux signaux. Et pour cause, la candidate LREM à la mairie de Paris, ex-ministre de la Santé, estimait que les élections municipales étaient une «mascarade» au regard de l’épidémie de coronavirus. Selon l’AFP, elle avait d’ailleurs plaidé auprès du Président de la République pour un report du premier tour.

«Quand j’ai quitté le ministère, je pleurais parce que je savais que la vague du tsunami était devant nous. Je suis partie en sachant que les élections n’auraient pas lieu», a-t-elle confié dans une interview au Monde.

Des électeurs partagés entre devoir et respect

Pour la cofondatrice du Parti animaliste, «beaucoup de médecins réclamaient déjà le report du premier tour. L’urgence était à la crise sanitaire. De plus, cela dissuadait les électeurs avec un message totalement contradictoire. Ils se retrouvaient entre l’injonction de faire leur devoir et l’injonction d’être civique en restant confiner chez soi.»

«À partir de cette décision de maintenir les municipales, on part sur un scandale démocratique. Dans le sens où une partie importante de la population ne s’est pas déplacée pour voter. Pour ceux qui se sont déplacés, on se retrouve avec des maires qui sont élus avec parfois seulement 30% des votants. En termes de représentativité, ça questionne.»

Et d’ajouter:

«On peut observer qu’il y a eu manifestement un déplacement des intentions de vote vers un vote de gestion de crise. On retrouve des maires sortants qui ont obtenu des taux nettement plus élevés de ce qui était prévu dans les sondages.»

Pourtant, «malgré toutes ces embûches, les scores réalisés par le Parti animaliste sur les villes où nous étions en liste autonome, on note que l’on a consolidé les scores obtenus aux Européennes. Cela renforce clairement l’idée que la question animale est une question politique y compris à l’échelon local et qu’elle concerne l’ensemble des citoyens», détaille Isabelle Dudouet-Bercegeay.

À quand le report?

Si aucune date n’a pour l’instant été communiquée, la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye a déclaré que le rapport des experts sanitaires doit établir en mai si le scrutin peut se tenir en juin. Néanmoins, «dans l’hypothèse où ça ne serait pas le cas, nous serions amenés à prendre des dispositions législatives» pour le reporter «à l’automne».

Le ministre de l’Intérieur a quant à lui indiqué lors d’un point presse qu’un «projet de loi examiné par le Conseil d’État organisera le report au plus tard au mois de juin pour le second tour». Précision de taille, Christophe Castaner a ajouté que «les résultats du premier sont sanctuarisés». En effet, le second tour ne concernera que 5.000 des 35.000 communes puisque pour les maires qui ont été élus au premier tour, les résultats sont acquis.

«Nul ne comprendrait en effet que les résultats réguliers d’élections organisées conformément aux lois de la République […] soient remis en cause», a-t-il avancé.
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Élections municipales de 2020 en France (95)

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Emmanuel Macron, Sibeth Ndiaye, Agnès Buzyn, élections municipales en France (2020), gouvernement, France
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