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Le docteur Slim Hadiji, médecin généraliste, a publié une vidéo dans laquelle il rappelle à la communauté comorienne de rester confinée. Pour cause, la grande majorité des patients en réanimation dans plusieurs hôpitaux du nord de Marseille en sont issus. Un élu LREM a appelé à ne pas les stigmatiser.

Dans le nord de Marseille, la plupart des lits en réanimation sont occupés par des patients d’origine comorienne, affirme le docteur Slim Hadiji. Pour «ne plus perdre encore un patient», il a publié une vidéo où il appelle la communauté comorienne à la prudence, les priant de respecter les mesures de confinement et de distanciation sociale.

«Les services de réanimation sont malheureusement remplis aux trois quarts de patients comoriens», a indiqué le médecin.

«Plus de 70% des patients hospitalisés en réanimation à l’hôpital Nord sont comoriens», a-t-il ajouté.

Il en va de même à l’hôpital européen et à l’hôpital militaire Laveran à Marseille.

C'est dans les quartiers nord de la ville qu'habite une grande partie des Marseillais d’origine comorienne.

Le médecin rappelle ensuite la consigne «restez chez vous», invitant à stopper tout rassemblement, tels que les mariages et les prières en groupe.

Interrogé par 20 minutes, Slim Hadiji a raconté qu’il avait souhaité lancer cette alerte car personne d’autre ne l’avait fait. «Soit j’assumais, soit je fermais ma gueule», a-t-il indiqué. Il a souligné qu’il n’a voulu à aucun moment stigmatiser, mais selon lui, les fêtes traditionnelles comoriennes sont à l’origine de cette situation. «Je ne veux plus perdre encore un patient», a-t-il conclu.

Des traditions ancrées chez les Comoriens

Ayant visionné la vidéo, un Comorien de 26 ans assure que sa communauté a «accueilli le message de manière positive. «Il y a beaucoup de fêtes dans notre communauté: les oukoumbi (mariages), les madjilisses (fêtes mi-religieuses, mi-traditionnelles). Les mariages peuvent rassembler jusqu’à 300 personnes et il y en a un quasiment tous les week-ends ici», a-t-il expliqué.

Il n’exclut cependant pas le fait que de tels événements aient pu continuer après la mise en place du confinement: «Ces traditions sont vraiment très ancrées chez les Comoriens, il est très difficile de s’en défaire même dans ces conditions».

Ne pas stigmatiser

Saïd Ahamada, député LREM dans les quartiers Nord de Marseille, d’origine comorienne, a salué cette initiative du docteur Hadiji, qui «aura eu le mérite de sensibiliser un peu plus» ceux qui n’avaient pas conscience de la nécessité absolue de rester confiné. Cependant, il a fermement nié le fait que des rassemblements aient toujours lieu au sein de la communauté comorienne.

«Il n’y a plus de rassemblements à Marseille depuis plus de dix jours», a souligné l’élu dans sa vidéo publiée sur YouTube.

Il a estimé par ailleurs qu’il est «stigmatisant» que le docteur ait pointé du doigt les «comportements supposés» des habitants d’origine comorienne, qui selon lui, «respectent les règles».

Si le député a reconnu certaines dérives, il a affirmé qu’il ne s’agit pas d’une «spécificité de la communauté comorienne». Enfin, rappelant que les ressortissants des Comores représentent entre 80.000 et 100.000 personnes, soit 10-12% des Marseillais, M.Ahadama rappelle qu’il est malheureusement «normal que ces chiffres se retrouvent dans la population des malades».

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Tags:
alerte, confinement, Covid-19, Comores, Marseille
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