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Face au coronavirus et à «l'urgence économique», l'Assemblée nationale a voté un nouveau budget aux dépenses considérablement alourdies, entre soutien aux entreprises, aide aux plus modestes et prime aux soignants.

Le nouveau budget de crise a été voté à l'Assemblée dans la nuit du 17 au 18 avril. Ce second projet de loi de finances rectificative, après celui adopté en mars, est attendu au Sénat mardi 21 avril. Il tient compte du plan de 110 milliards d'euros annoncé par le gouvernement pour tenir bon.

Dans l'opposition, malgré des réserves, LR et le PS ont voté le texte, contrairement aux communistes et aux insoumis.

Les 20 milliards d'euros prévus pour recapitaliser des entreprises stratégiques en difficulté, notamment dans l'aéronautique et l'automobile. Les oppositions ont demandé des éclaircissements et des ONG environnementales dénoncent «un chèque aux grands pollueurs», sans conditions.

«Ce ne sera pas un chèque en blanc», a rétorqué le ministre de l'Economie Bruno Le Maire dans l'hémicycle, conditionnant les montées au capital ou éventuelles nationalisations temporaires à «un effort de redressement et de compétitivité» ainsi qu'à «une politique environnementale ambitieuse».

Un amendement LREM a ainsi été voté dans la nuit pour que ces entreprises soient «exemplaires» en termes de responsabilité sociale et environnementale, «en particulier en matière de lutte contre le changement climatique».

Face à une crise d'une ampleur inédite, ce nouveau budget repose sur de sombres prévisions macro-économiques avec un recul de 8% du PIB en 2020, un déficit public d'environ 9,1% du PIB et une dette à 115%.

La baisse de 8% du PIB est «un chiffre sévère» mais «pas définitif», a d'ailleurs prévenu Bruno Le Maire, pendant que son collègue des Comptes publics Gérald Darmanin relevait que «nous avons pris 20 points de dette en trois mois».

Deux milliards de dépenses rajoutés

Le gouvernement a rajouté 2 milliards de dépenses vendredi soir en élargissant le dispositif de chômage partiel à certaines catégories, en finançant des masques non sanitaires, ou en soutenant les parcs animaliers en difficulté, ce qui fait passer le déficit prévu de 9 à 9,1% du PIB.

Ce nouveau budget porte notamment à quelque 24 milliards d'euros les crédits destinés au chômage partiel, dont un tiers pris en charge par l'Unedic. «Près de 9 millions de salariés aujourd'hui sont au chômage partiel», ce qui doit éviter des «licenciements de masse», a estimé M. Le Maire, cité par l'AFP.

Le texte hisse aussi à 7 milliards d'euros le fonds de solidarité en faveur des très petites entreprises et des indépendants.

Ce projet de loi comprend en outre une «avance remboursable» pour les PME qui n'obtiennent pas de prêt, ainsi qu'un fonds de soutien aux entreprises de taille intermédiaire d'un milliard d'euros.

Une prime destinée aux soignants

Enfin, ce texte de loi finance la prime exceptionnelle de 500 à 1.500 euros destinée aux soignants. Et intègre l'aide aux ménages les plus modestes (allocataires des minimas sociaux) de 150 euros, plus 100 euros par enfant, annoncée par l'exécutif mercredi.

En fin d'après-midi, les députés avaient par ailleurs adopté une baisse de la TVA, de 20 à 5,5%, sur les masques et le gel hydroalcoolique pour les rendre plus accessibles pendant cette crise.

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Tags:
crise, Covid-19, Sénat français, Assemblée nationale, France
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