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Dans les quartiers paupérisés, l’épidémie de Covid-19 accentue la fracture sociale. Certaines mesures de confinement ne permettant plus de travailler, des familles de banlieue se trouvent désormais en grande difficulté. Sputnik a recueilli le témoignage d’un jeune qui s’engage auprès des plus fragiles.

Particulièrement touchés par les effets de la crise sanitaire, accentués par une activité économique au ralenti, certains habitants des banlieues parisiennes connaissent des difficultés importantes. Pour les salariés précaires qui travaillaient en intérim avant l’épidémie, la situation est alarmante. Selon la fédération Prism'emploi, les réductions d'activité varient selon les secteurs entre «60% et 90%».

Les mesures de confinement ont également eu une incidence négative pour de nombreux foyers. En effet, avec la fermeture des cantines scolaires, souvent gratuites ou peu onéreuses, certains parents rencontrent désormais des problèmes pour nourrir leurs enfants. Autant de raisons qui poussent les jeunes des quartiers à s’investir pour la bonne cause.

Des jeunes de banlieue s’engagent

C’est le cas de Shahin, jeune entrepreneur, qui organise avec des amis de Cergy-le-Haut (95) depuis 2017 des maraudes pour les SDF franciliens et des collectes alimentaires. Interrogé par Sputnik, il s’inquiète de la situation dans certaines banlieues, notamment en Seine-Saint-Denis.

«Des personnes ont perdu leur boulot. Le confinement n’est pas terminé et elles se retrouvent déjà avec des retards de loyer. Certaines ne mangent même pas, ce n’est pas normal.»

Un état de fait qu’évoquait le préfet de Seine-Saint-Denis Georges-François Leclerc. Selon lui, entre 15.000 et 20.000 personnes pourraient être touchées par une pénurie alimentaire. Pour aider leurs concitoyens, Shahin et des jeunes de son quartier ont lancé des appels aux dons sur les réseaux sociaux pour collecter de la nourriture.

«Il y a eu des distributions alimentaires […]. Avec des personnes de mon entourage, on essaie d’aider des familles des banlieues qui sont actuellement en difficulté financière.»

L’autre problématique indirecte posée par la crise sanitaire: les dons sont en diminution. Avant l’épidémie, «à chaque maraude, on arrivait à distribuer entre 180 et 250 plats pour un budget de 300 euros». Aujourd’hui, il estime que les maraudes ne pourront pas reprendre dès la fin du confinement, faute de donateurs. Or, comme le rappelle Shahin:

«Au départ, ce n’était que des jeunes de cité que l’on connaissait qui cotisaient. On lançait des appels aux dons sur Snapchat. Avec le temps, on a réussi à monter une petite chaîne solidaire, simplement entre des jeunes de banlieue. Même des gens des quartiers nord de Marseille nous envoyaient de l’argent», se réjouit-il.

Une solidarité qui montre «une autre image des quartiers». «À la télé, sur les chaînes d’information, on n’entend que le négatif: la drogue, etc. Mais jamais les actions positives qui se passent en banlieue. Et cela depuis longtemps puisque l’on n’est pas les premiers», explique le Cergyssois.

Montrer une image positive des banlieues

En effet, à travers toute l’Île-de-France, les initiatives solidaires se multiplient pour affronter cette épreuve. On pourrait citer l’association Têtes grêlées et le collectif interassociatif Solid-19 qui viennent en aide aux habitants de Pantin (93).

​Ou encore l’association Banlieues Santé qui a lancé une application #enmodeconfiné permettant d’organiser des livraisons alimentaires dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV). Si cet engagement citoyen est à saluer, l’État doit «mieux gérer car le pire est à venir», estime Shahin.

Le gouvernement verse 25 millions aux associations

Pour tenter d’endiguer cette fracture, le gouvernement a annoncé, le 23 avril dernier, son intention de débloquer plus de 39 millions d’euros. La secrétaire d’État auprès du ministre des Solidarités et de la Santé Christelle Dubos a détaillé ce plan. Ainsi, 25 millions d’euros seront versés aux associations engagées dans l’aide alimentaire. En outre, 14 millions d’euros seront alloués aux territoires métropolitains et d’Outre-mer sous la forme du dispositif de chèques services déjà utilisés par les personnes en centre d’hébergement et les sans-abris.

Par ailleurs, Édouard Philippe a déclaré le 4 mai qu’une aide de 200 euros serait versée aux étudiants précaires qui ont notamment perdu leur travail ou leur stage pendant le confinement.

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