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Ingénieur et immunologiste à l’Institut national de sciences et de technologie d’Ulsan (Corée du Sud), le Pr François Amblard a analysé la stratégie sud-coréenne anti-Covid-19. Selon lui, à la différence de la France, l’épidémie y a été prise en charge par des scientifiques et des médecins indépendants du pouvoir politique.

Le Pr François Amblard, ingénieur et immunologiste à l’Institut national sud-coréen de sciences et de technologie d’Ulsan, a rédigé un rapport complet sur la maîtrise de l’épidémie de coronavirus en Corée du Sud à la demande de l’Académie des sciences. Les principaux points de celui-ci ont été révélés au site Le Quotidien du Médecin qui a également publié le texte intégral du rapport.

Selon M.Amblard, en Corée du Sud l’arsenal de moyens de lutte contre l’épidémie a été mis en place avec une étonnante efficacité et «en un mois l’affaire était pliée».

«Après avoir vu la maîtrise coréenne, j'ai assisté au désastre français où l'on a entendu quotidiennement des choses ineptes: "les masques ne servent à rien", "les tests ne servent à rien". On a vite compris que le discours scientifique s'était adapté et transformé en mensonge destiné à cacher les pénuries», a-t-il confié.

Il a signalé que la vraie clé de la réussite sud-coréenne résidait dans la gestion des opérations par des scientifiques, sans interférence politique, bien qu’il ait eu une séparation claire des responsabilités et des compétences. En effet, certains ordres, comme la fermeture des frontières et la mobilisation de l'armée, relèvent de la responsabilité du Président.

Adhésion massive à une politique claire

Le Pr Amblard a ajouté que les Coréens avaient adhéré massivement à la politique de dépistage parce que celle-ci est très claire, présentée par des professionnels et non par des politiques, et d'une façon adulte.

«À l’inverse, la communication française est présentée par des politiques qui prennent la population de très haut, sans direction fixe, et livrent une série de mensonges dont personne n'est dupe. Le problème de l'unanimité en France est celui de la confiance», a-t-il poursuivi.

En ce qui concerne la question de savoir si les méthodes coréennes pourraient être applicables en France, il a indiqué que les enfants ne devaient pas encore retourner à l’école, surtout les plus petits.

Ne pas déconfiner avant de pouvoir soigner les maladies habituelles

Il estime de plus qu’il ne doit pas y avoir de déconfinement avant d'avoir remis un nombre suffisant d'hôpitaux en mode «Covid-free», afin de reprendre les soins des maladies habituelles.

«Si l'on suit les méthodes coréennes, tous les gens testés positifs doivent être isolés. Ce qui est impossible à ce jour en France. Il faut donc d'abord faire baisser le nombre de cas positifs, et la seule méthode pour cela est le port obligatoire du masque dans tous les espaces publics et au travail. Ensuite pourront être mis en place l'isolement des personnes positives, un dépistage plus systématique et le tracking», a résumé le Pr Amblard.

Et d’ajouter: «Il ne sert à rien de faire une enquête systématique à ce jour, car on a probablement détecté que 10% des personnes positives. Inutile de chercher les chemins du virus avec une lampe de poche qui ignore neuf patients sur 10».

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Tags:
Covid-19, France, Corée du Sud
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