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Depuis le début du confinement, la consommation des fromages AOP (appellation d’origine protégée) a chuté de 60%. L’avenir de nombreux éleveurs étant incertain, ceux-ci affirment ne pas être soutenus par le gouvernement.

La fermeture des restaurants, des marchés et des rayons de fromage à la coupe dans les supermarchés a conduit à une chute brutale de la consommation des fromages AOP. La suspension de l’activité de nombreuses fromageries, en plus de la surproduction de lait, a par ailleurs engendré une fonte des prix. Les éleveurs estiment qu’ils ont été abandonnés par le gouvernement, a rapporté Valeurs Actuelles.

«La pandémie a entraîné une chute de 60% de la consommation de fromages AOP de Saint-Nectaire, Bleus d’Auvergne, Rocamadour, Brie, Camembert de Normandie…», a déploré Michel Lacoste, président du Conseil national d’appellations d’origine laitières (CNAOL).

Selon lui, les producteurs de fromages AOP, qui représentent 20% du secteur des fromages français, ont été «laissés pour compte» puisqu’ils n’ont pas bénéficié des subventions de l’État promises par les ministères de l’Économie et de l’Agriculture.

Des tonnes de fromages détruites

Rien que pour l’industrie fromagère, les pertes sont estimées à 157 millions d’euros, a précisé Les Échos. De nombreuses entreprises représentant des dizaines de milliers d’emplois sont menacées de disparaître.

À cause de la chute de la demande, près de 2.000 tonnes de fromage ont dû être restockées et 140 détruites, a précisé Valeurs actuelles. Ainsi, le Rocamadour n’est vendu que 30 centimes le kilo contre huit euros avant la crise, a affirmé un éleveur. Certains n’ont d’autres choix que de brader leurs produits pour qu’ils soient fondus et deviennent plus industriels (fromages tartinables, en poudre ou liquides).

Un appel à soutenir les producteurs

Un collectif a été constitué pour lancer un appel à «soutenir nos fromages, nos terroirs, nos producteurs français». Il a été signé par de nombreux acteurs du secteur, mais aussi par des personnalités comme Thierry Lhermitte et Bernard Laporte. Une partie du stock a été donnée à des associations caritatives ou rachetée par les pouvoirs locaux pour les distribuer à des collectivités.

«Si rien n’est fait, la France aux 1.000 fromages ne sera plus qu’une image d’Épinal, je demande à tous de s’engager pour la diversité de nos appellations», a conclu Michel Lacoste.

À noter que les grands groupes de l’industrie laitière et fromagère (Bel, Savencia, Danone) n’ont pas rejoint cet appel. Ces derniers ont en effet largement bénéficié du changement de consommation des Français en période de confinement, comme l’ont montré leurs chiffres d’affaires pour le premier trimestre 2020.

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Tags:
producteur, éleveurs, agroalimentaire, fromages, confinement
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