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Le Parlement vote ce mercredi pour ou contre l’application StopCovid, visant à lutter contre l’épidémie en retraçant les cas contacts. Un projet qui ne fait pas l’unanimité, même auprès des membres du parti présidentiel, au vu des potentielles menaces pour les données des utilisateurs, mais aussi de son fonctionnement à proprement parler.

«Je pense que c’est le fichier de santé le plus sécurisé de la République française», clame Cédric O, secrétaire d’État au numérique. Cependant, l’application pour smartphones StopCovid et son dispositif de traçage risque de ne pas être soutenue par les parlementaires. Ayant été approuvée par la CNIL, elle fera l’objet de vives discussions ce mercredi 27 mai à l’Assemblée nationale, puis au Sénat.

Le dispositif pourrait être effectif dès ce week-end, afin de correspondre à la deuxième phase de déconfinement, fixée au mardi 2 juin. Depuis le début, le gouvernement insiste sur le caractère «volontaire», «anonyme» et «temporaire» de l’application, mais cela n’a visiblement pas suffi à convaincre les différents responsables politiques.

Les Républicains sont plutôt opposés au projet, mais devraient simplement s’abstenir à l’Assemblée. Pour son président de groupe, Damien Abad, il s’agit d’une «appli gadget sortant 15 jours après le déconfinement». Il s’interroge sur les problèmes de liberté individuelle qu’elle pose, d’autant qu’elle nécessite que 60% des Français s’y connectent pour qu’elle fonctionne.

Les groupes de la gauche s’y opposent également. «L’application StopCovid est une menace pour les libertés. Je ne veux pas d’un monde où mon téléphone appelle un drone qui me dit de rentrer chez moi», prévient Jean-Luc Mélenchon ce mercredi sur France 2, ajoutant que le gouvernement risque de ne pas revenir en arrière.

Même au sein de La République en marche, l’application a reçu des avis mitigés, non seulement pour ses risques de sécurité, mais aussi pour l’image négative qu’elle traîne déjà. «Je ne pense pas que ça ira au bout... Les gauchistes du Web ont fait flipper les gens et ils ont gagné. Les gauchistes de LREM aussi d’ailleurs», regrette auprès du HuffPost un parlementaire, «poids lourd» de la majorité.

Trop de prérequis pour assurer son efficacité

La journaliste Marie Turcan, du site spécialisé Numerama, a repris les nombreuses conditions requises pour que le dispositif de StopCovid puisse effectuer ce pourquoi il a été créé, à savoir alerter une personne qu’elle a potentiellement été en contact avec quelqu’un atteint du coronavirus.

Si toutes ces conditions étaient réunies et que la personne était prévenue, il faudrait qu’elle isole d’elle-même, ce qui n’est pas non plus garanti. Une telle application n’a d’ailleurs jamais été au programme dans d’autres pays, souligne la rédactrice.

Si le vote des parlementaires est non contraignant, Cédrid O a toutefois assuré sur Europe 1 que «si l’Assemblée nationale rejette StopCovid, nous ne la déploierons pas».

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Tags:
parlement, sécurité, liberté, vote, La République en Marche! (LREM), application, Covid-19
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