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Marine Le Pen est revenue sur les propos de Julien Odoul, conseiller RN de Bourgogne-Franche-Comté, lequel avait affirmé qu’Adama Traoré avait été tué parce qu’il était une «racaille». «Une belle sottise», selon la présidente du parti, qui rappelle que ce n’est pas parce qu’on est un délinquant qu’on mérite de mourir.

Mercredi 10 juin, Marine Le Pen a condamné au micro de France Inter une «belle sottise» prononcée la veille par un membre du Rassemblement national (RN), Julien Odoul. Sur CNews, il a déclaré qu’Adama Traoré, décédé lors d’une interpellation en 2016, «n’a pas été tué parce qu’il était noir», mais «parce que c’est une racaille». Des propos qui ont choqué le plateau de «Morandini Live» et les internautes.

La présidente du RN a indiqué que les membres de la famille Traoré étaient «tous des délinquants, et des délinquants graves», au point qu’ils pourraient être appelés «le gang Traoré». Elle affirme néanmoins que cela «ne justifie pas que l’on considère que parce qu’on est délinquant, on doit prendre le risque de mourir».

Mme Le Pen a ensuite rappelé que «trois expertises judiciaires ont démontré dans cette affaire qu’Adama Traoré n’était pas mort du fait de son interpellation». Elle estime ainsi qu’il faut «revenir à la vérité» afin d’éviter une «chasse aux sorcières» envers la police.

Contre le mouvement racialiste en France

Elle condamne également le «mouvement racialiste» qui touche la France depuis plusieurs jours, notamment avec les manifestations du collectif de soutien à Adama Traoré.

«Le racialisme, c'est l'idée qu'il faut organiser la société en fonction de communautés envisagées autour de leur origine ou de leur couleur de peau. C'est fondamentalement l'inverse de la vision française», s’est-elle indignée.

Marine Le Pen a finalement condamné la position du ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner lequel avait décidé de tolérer des manifestations illégales en hommage à George Floyd car «l’émotion mondiale dépasse les règles juridiques qui s’appliquent». «C’est absolument honteux», estime-t-elle, ajoutant que «l’État de droit c’est de ne pas se soumettre à l’émotion.

Julien Odoul réitère ses propos

Le conseiller régional du RN, fortement médiatisé en octobre dernier pour avoir exhorté une accompagnatrice scolaire à enlever son voile lors d’une assemblée plénière, s’est exprimé à nouveau sur son apparition sur CNews auprès du site Boulevard Voltaire. «J’ai juste rappelé qu’en France quand on n’a pas de soucis avec la justice et quand on n’a rien à se reprocher, on n’a jamais de problèmes avec la police», a-t-il indiqué.

«S’il n’avait pas été un délinquant, il n’y aurait pas eu cette interpellation et il n’y aurait donc pas eu son décès. Voilà ce que j’ai tout simplement voulu dire», a-t-il expliqué, avant de préciser lui aussi que les expertises ne révèlent «aucune culpabilité des gendarmes» et de remettre en avant le lourd passif judiciaire de la famille Traoré.

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Tags:
propos, racialisme, délinquance, interview, Rassemblement national (RN), Adama Traoré, Julien Odoul, Marine Le Pen
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