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L’auteur de «Ce virus qui rend fou», le philosophe Bernard-Henri Lévy, continue de critiquer la façon dont la France a vécu le confinement. Il dénonce le fait que le pouvoir politique ait trop cédé au pouvoir médical.

«On a vu se déployer une épidémie de terreur», lance dans un podcast pour Slate.fr Bernard-Henri Lévy. Reconnaissant que le confinement était une mesure «probablement inévitable», le philosophe estime que la manière dont la France «a vécu ce confinement était une erreur».

«Je ne mets pas en cause la décision de confiner. […] Ce que je redoute, c’est que ce moment du confinement ait accéléré des tendances lourdes qui existaient déjà dans nos sociétés et qui me semble, si elles devaient s’installer durablement, de nature à les défigurer, les sociétés en question. Confiner deux mois trois mois, d’accord. Prendre des plis à l’occasion de ce confinement sur la durée, pas d’accord», explique-t-il en commentaire de son livre «Ce virus qui rend fou».

La soumission au pouvoir médical

BHL s’inquiète notamment du renforcement du pouvoir médical en France qui risque de dominer le pouvoir politique.

«Quand j’ai vu les chaînes d’info, quand j’ai vu BFM nous asséner tous les soirs leurs monologues ou encore pire d’ailleurs leurs querelles de médecins, je me suis dit "on marche sur la tête". C’est pas ça la République».

Et d’ajouter:

«La santé, c’est formidable, bien-sûr, et c’est un grand progrès que de se soucier de la santé des gens. Mais la santé à tout prix, la santé coûte que coûte en termes moraux […]. La santé au prix de la liberté d’aller et venir, la santé au prix du contact humain donc de l’éthique, non, ça je ne crois pas. Je crois que la vie, oui, mais la vie bonne comme disaient des Grecs».

«Une sorte de mâchoire infernale»

Quant à la question de savoir si le pouvoir politique a trop cédé au pouvoir médical, le philosophe estime que trois forces ont créé «une sorte de mâchoire infernale». La première est représentée par le pouvoir médical qui «aurait bien voulu nous voir confinés jusqu’à la Saint-Glinglin jusqu’à ce que les rues disparaissent par la volonté de Saint-Esprit». La deuxième, c’est le pouvoir technocratique représenté notamment par «des avocats hystériques qui sont en train de judiciariser tout cela et de faire comme si le virus est un crime d’État». Et la troisième, c’est une partie des extrêmes-gauches qui ont vu dans le confinement «le disjoncteur qui va faire tout sauter», le moyen d’«arrêter la marche de ce monde vers la croissance». Pour Bernard-Henri Lévy, c’est face à l’alliance de ces trois forces que le pouvoir politique en France a cédé lors du confinement.

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Tags:
Covid-19, confinement, Bernard-Henri Lévy
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