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Pendant la manifestation des soignants à Paris, une infirmière a été interpellée de manière musclée après avoir jeté des pavés sur les forces de l’ordre. Si les images de son arrestation ont provoqué un tollé sur les réseaux sociaux, la policière Linda Kebbab dénonce la présence de casseurs venus semer le trouble dans une mobilisation pacifique.

Les images ont choqué. Lors des différentes manifestations de soignants qui se sont déroulées partout en France, l’interpellation musclée d’une infirmière sur l’esplanade des Invalides à Paris, durant des heurts opposants policiers et black blocs, contraste avec l’ambiance pacifique du reste de cette journée de mobilisation.

Dans les extraits vidéo publiés par des journalistes sur Twitter, on aperçoit une femme en blouse blanche se faire malmener par les forces de l’ordre. Celle-ci explique aux policiers qu’elle est asthmatique, qu’elle est infirmière et réclame ensuite sa Ventoline. Un agent lui rétorque alors qu’il fallait y penser avant. Un autre lui indique néanmoins que l’«on va vous la donner madame, c’est juste à côté, on vous dégage des gaz!» Puis, la femme reçoit le poids des policiers sur son corps avant d’être finalement emmenée au commissariat pour «outrage», «rébellion» et «violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique».

​Réagissant à chaud sur cette intervention, Linda Kebbab, déléguée nationale du syndicat Unité SGP Police FO, explique au micro de Sputnik que «l’interpellation, visiblement, est très violente […] Je ne peux préjuger de la manière dont elle a été interpellée, mais de la raison pour laquelle elle a été interpellée. La vraie question, la vraie investigation, c’est de savoir pourquoi elle l’a été.»

Une intervention qui crée la polémique

Le syndicat des commissaires de police (SICP) a quant à lui posté sur son compte Twitter une vidéo donnant plus d’éléments de contexte afin de «rétablir la vérité». «La gentille infirmière, qui avait besoin de sa Ventoline, et qui est présentée comme une victime de la #Police! Elle jetait des projectiles, juste avant son interpellation! Alors on continue à parler de #PoliceViolence?», détaille-t-il.

​Des justifications qui n’ont pas convaincu Éric Coquerel (LFI): «Quel que soit le contexte, rien ne mérite de recevoir des coups, se retrouver menottée et placée en garde à vue», a-t-il argué. 

Des casseurs venus pour en découdre

Au-delà de cette polémique, Linda Kebbab s’insurge contre la présence des blacks blocs, «ces professionnels du chaos qui viennent même jusqu’à détériorer la manifestation des soignants. C’est honteux.»

«Dans les villes en France où il n’y a pas eu de black blocs, ça s’est excellemment bien passé. On voit des images où les soignants et les policiers s’applaudissent. Les policiers posent les casques, les soignants posent les blouses et ils travaillent main dans la main.»

​En effet, comme le rappelle la syndicaliste, à Paris «les black bloc sont arrivés et ont saccagé une voiture d’une personne handicapée. Ils s’en sont pris à la fourgonnette d’un plombier, ils ont saccagé les abribus et attaqué les forces de l’ordre. En fait, ils ont fait tout ce qui est à l’inverse de la doctrine et de l’idéologie des soignants, à savoir réparer.»

«Les forces de l’ordre ont répliqué. Évidemment, la situation était catastrophique sur la fin du cortège. Le plus important, c’est de se rappeler des revendications des soignants […] Parce qu’elles rejoignent celles des forces de l’ordre en matière de service public et d’utilité à l’autre.»

Linda Kebbab regrette également le traitement médiatique de l’affaire. Selon elle, «la question que l’on devrait se poser c’est: pourquoi les soignants manifestent-ils? Comment un pays de l’OCDE se retrouve avec des personnes qui ont combattu la crise du Covid-19 et sont encore obligées de manifester pour obtenir des moyens? C’est juste honteux.»

Sentiment d’impunité chez les fauteurs de trouble

Autre point soulevé par la policière, la nécessité de mettre fin au sentiment d’impunité de ces mouvances violentes d’extrême gauche.

«Comment des black blocs peuvent arriver, prendre le métro, enfiler leur petit blouson noir, parfois une blouse blanche, parfois un Gilet jaune, en fonction du contexte, et s’attaquer aux forces de l’ordre et ensuite repartir ni vu ni connu?» déplore-t-elle.

​En guise de réponse, la syndicaliste pointe du doigt l’incapacité des services de police à «faire de la vraie prévention et entourer les black blocs soit en matière de renseignement, soit en action préventive et de préfiltrage».

«De l’autre côté, il y a un problème sur la justice. On n’arrive pas à mettre en place de vraies méthodes qui ont fonctionné dans d’autres pays, à savoir: identifier les personnes, aller les récupérer chez elle et les condamner à de la prison ferme. Ces personnes, toutes les semaines, toutes les manifestations, elles sont là», s’agace Linda Kebbab.

Une inefficacité qui joue sur le moral des troupes, s’ajoutant au sentiment d’abandon de la part de leur hiérarchie. Linda Kebbab, qui est l’une des figures de proue de la fronde policière, appelait d’ailleurs ses collègues à la résilience dans une lettre ouverte publiée par Valeurs actuelles: «Mes très chers collègues […] Vous ployez sous le poids des critiques, mais jamais vous ne courbez l’échine». Comme la nature, les policiers ont horreur du vide, et la timidité des cadres de la police devant les polémiques semble balayée par l’impétueuse policière.    

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