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Interrogée au sujet de l’arrestation de l’infirmière qui avait lancé des projectiles sur les forces de l’ordre, Sibeth Ndiaye a rappelé sur France 3 la nécessité que «la justice se fasse en toute indépendance». L'une de ses phrases n'a pourtant pas manqué de susciter une vive polémique.

La porte-parole du gouvernement est revenue le 21 juin sur France 3 sur l’affaire de l’infirmière arrêtée lors d'une manifestation du personnel soignant à Paris.

Interpellée par le journaliste Francis Letellier, Sibeth Ndiaye a dans un premier temps affirmé qu’elle n’avait pas «la qualification» pour trancher. «Je pense que ce n’est pas à la porte-parole du gouvernement de déterminer quelle doit être la décision de justice qui doit être prise», a-t-elle signalé. 

«La justice doit s’exercer de manière normale, comme pour n’importe quel citoyen», a ajouté la porte-parole, affirmant que «quand je ne sais pas expliquer qu’on jette des pierres sur les forces de l’ordre, je ne vois pas en quoi il faudrait l’absoudre [la mise en cause, ndlr]».

Évoquant Farida, Mme Ndiaye a indiqué qu'elle comprenait «évidemment l’émotion qu’a suscité l’image qu’on a vu de son arrestation». 

Et de poursuivre: «Mais en même temps, je ne saurais pas expliquer à mes enfants, par exemple, s’il est normal ou pas de jeter des pierres sur les forces de l’ordre».

«Des circonstances atténuantes»

Elle a ensuite évoqué «des circonstances atténuantes» qui peuvent être prises en compte et rappelé de nouveau que «c’est aux juges de le faire». En réaction à la remarque du journaliste selon qui Farida avait «craqué», Sibeth Ndiaye a rétorqué:

«On peut tous être amenés, dans des circonstances particulières, à être à bout de nerfs. Est-ce que pour autant ça justifie qu’on jette des pierres sur les forces de l’ordre? Que dirions-nous au fils ou à la fille du CRS qui reçoit cette pierre dans le visage? C’est pas grave? Non, on ne peut pas le dire. Donc il faut que la justice se fasse, en toute indépendance, et nous verrons ce que les juges auront à dire sur cela», a-t-elle conclu.

Jugée pour outrages sur personne dépositaire de l'autorité publique, Farida risque jusqu’à trois ans d’emprisonnement et une amende de 45.000 euros.

Les forces de l’ordre voient rouge

Sur Twitter, le Syndicat des commissaires de la Police nationale a relayé un extrait tronqué de l’émission, lorsque la porte-parole s’interrogeait sur comment expliquer à ses enfants s’il est normal de lancer des projectiles sur les agents. Avec en légende: «Ces propos tenus par la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye sont indignes de ses fonctions».

​En appelant à Emmanuel Macron et à Édouard Philippe, le syndicat dénonce ces propos qui «sont contraires aux valeurs de la République et contribuent au désordre sécuritaire de notre pays». «Cela ne peut plus durer», ajoute-t-il.

L’Unité SGP Police réagit également à l’extrait: «Encore une incongruité de plus et un manque de soutien ferme vis à vis des forces de l’ordre».

​Pour l’UNSA Police 78, il s’agit de déclarations qui «sont tout simplement scandaleuses».

​L’infirmière a été interpellée à Paris, placée en garde à vue puis libérée, après avoir jeté des pierres en direction des forces de police. Elle a reconnu les faits et a expliqué son geste parce qu’elle avait «craqué» en raison de la crise sanitaire. 

Farida a déclaré avoir exprimé ainsi sa colère «envers l’État qui réprime nos droits». Plusieurs plaintes ont été déposées contre elle. Parallèlement, la femme a porté plainte auprès de l'Inspection générale de la police nationale suite à son interpellation dont les images relayées sur les réseaux sociaux ont suscité une vague d’indignation.

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Tags:
syndicats, UNSA Police, police, infirmière, Sibeth Ndiaye
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