France
URL courte
321021
S'abonner

Fessenheim, doyenne des centrales nucléaires françaises, ne produira plus d'électricité. Le second réacteur a été débranché du réseau électrique national le 29 juin au soir. Un crépuscule célébré comme une victoire par les antinucléaires, mais vécu comme un crève-coeur par les salariés et les habitants.

Installée en bordure du Rhin, près de l'Allemagne et de la Suisse, la centrale nucléaire de Fessenheim a été définitivement arrêtée. Son second réacteur a été débranché du réseau électrique national le 29 juin à 23h00.

​Ses deux réacteurs à eau pressurisée d'une puissance de 900 mégawatts (MW) chacun produisaient en moyenne 11 milliards de kilowattheure (kWh) chaque année, soit 70% de la consommation d'électricité d'une région comme l'Alsace.

«Il y a eu beaucoup d'émotion de la part des équipes de Fessenheim, et sur l'ensemble du parc nucléaire», a souligné une porte-parole d'EDF à l'AFP.

Peu avant 23h00, une vingtaine de salariés se sont donné rendez-vous sur le parking devant la centrale, mise en service en 1977, pour être présents au moment de son arrêt définitif.

Sur la clôture de l'enceinte sont toujours accrochées des banderoles de protestation contre la fermeture, clamant «Fessenheim la sacrifiée !» ou «La fermeture anticipée est une faute historique».

​Des défenseurs de l'énergie nucléaire ont également manifesté à Paris en début de soirée devant le siège de Greenpeace.

Le démantèlement de la centrale s'annonce à présent très long: 15 ans sont prévus pour démonter les deux réacteurs, à commencer par l'évacuation du combustible hautement radioactif qui s'achèvera au mieux en 2023. Le démantèlement proprement dit, inédit en France à cette échelle, devrait débuter à l'horizon 2025 et durer au moins jusqu'en 2040.

Victoire pour les antinucléaire français, allemands et suisses, cette fermeture suscite au contraire la colère des salariés de la centrale et de la plupart des 2.500 habitants de la commune.

Quant aux habitants du village, ils ont vécu pendant des décennies grâce aux importantes retombées économiques et fiscales de cette installation et craignent un grand trou d'air économique: aucun projet n'est officiellement arrêté pour l'après-Fessenheim.

Lire aussi:

Santé publique France dévoile la carte des zones les plus touchées par le Covid-19 - photo
«Il y a un risque de guerre civile» en France, prévient l'ancien chef d'État-Major des armées Pierre de Villiers
Une enseignante estime que Samuel Paty a «provoqué» l’acte terroriste
Vitres brisées, tags, menaces: des mosquées ciblées à Bordeaux et Béziers - images
Tags:
centrale nucléaire, centrale nucléaire de Fessenheim, France
Règles de conduiteDiscussion
Commenter via SputnikCommenter via Facebook