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Loin d’avoir convaincu les personnels hospitaliers avec ses propositions de revalorisation salariale, le gouvernement reste sous le feu des critiques. Ce 30 juin, les syndicats de soignants se mobilisent, à nouveau, pour faire entendre leur déception.

Un mois après son lancement, le «Ségur de la santé» touche à sa fin. Pourtant, les mobilisations sont loin d’être terminées. Ce 30 juin, le personnel hospitalier est à nouveau descendu dans la rue pour crier son mécontentement, après les propositions salariales d’Olivier Véran, ministre de la Santé.  

Lors d’une réunion avec les syndicats, mercredi 24 juin, le ministre a communiqué le chiffre de six milliards d’euros «pour les hôpitaux, les établissements médico-sociaux [publics, ndlr] et les établissements privés», indique l’AFP. Ce montant inclut une augmentation générale des salaires des agents de la fonction publique hospitalière (hôpitaux, Ehpad…), une refonte des primes, ainsi que des hausses ciblées sur certaines professions, qui pourraient être étendues aux établissements privés, ont précisé à l’AFP trois autres sources présentes.

6 milliards d’euros pour l’hôpital

En outre, à l’issue d’une rencontre avec les représentants des personnels médicaux le 29 juin, le gouvernement a proposé une rallonge de 300 millions d’euros afin de réaliser des hausses de salaire, ainsi que des revalorisations de plusieurs primes des quelque 100.000 médecins hospitaliers. Des propositions insuffisantes pour les syndicats:

«On n’arrivera pas pour l’instant à ce que l’on veut. L’État ne nous a pas donné ce que l’on voulait ou très peu», déplore un syndicaliste de la CGT au micro de Sputnik.

Chez ce syndicaliste, l’amertume est palpable, car les personnels soignants avaient placé beaucoup d’espoir dans le «Ségur de la santé», qui doit se clore vendredi 3 juillet.

«L’éléphant va accoucher d’une souris», ironise-t-il.

Pour cette infirmière anesthésiste au Samu 78 à Versailles, la déception est également de mise:

«C’est indécent, il y a à peine un mois, on était des héros, et là on est revenu à l’état “anormal”. Je pensais qu’il allait tirer des leçons, mais aucune leçon n’a été tirée.»

​Signe de l’incompréhension entre le gouvernement et le monde hospitalier: les primes «Covid». La CFDT Santé-Sociaux a annoncé lundi 29 juin avoir saisi le Conseil d’État pour contester les conditions d’attribution des primes de 500 à 1.500 euros versées aux personnels des hôpitaux et des Ehpad.

Le personnel soignant dans la rue
© Sputnik . Bruno Marty
Le personnel soignant dans la rue

Haro sur les primes «Covid»

Et pour cause, l’organisation syndicale dénonce des «ruptures d’égalité» entre salariés. En effet, la prime atteint 1.500 euros pour les personnels ayant travaillé dans les 40 départements les plus touchés par l’épidémie ou des établissements et services ayant accueilli des malades du Covid-19.

«L’hôpital n’est pas une marchandise»

Le syndicaliste rappelle qu’ils ont «beaucoup été sollicité ces derniers mois et effectivement l’hôpital public est malade, il est mal. La crise du Covid-19 n’a fait qu’épuiser les personnels». Il remet également en cause un management placé sous le signe de la «rationalisation» et de la «diminution des coûts». Une approche qui entraîne un manque de moyens et de personnels.

«L’hôpital ce n’est pas ça, ce n’est pas une marchandise. Les patients sont des usagers et pas des clients», fustige-t-il.

Un travail en flux tendu qui peut aboutir à des «burnout»? En témoignerait la manifestation du 16 mars où une infirmière a jeté des projectiles sur les forces de l’ordre avant de se faire brutalement interpeler. Elle avait expliqué le geste par son état de colère. «À force d’être méprisés par le pouvoir, les gens arrivent à des extrêmes», se désole le syndicaliste.

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