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Abdelaziz Hamida, élu maire de Goussainville dans le Val-d’Oise lors du second tour des municipales, se trouve dans la tourmente depuis les révélations sur le fait qu’il a été fiché S pour islamisme radical par les services de renseignement. L’intéressé s’est défendu dans Le Parisien, assurant qu’il ne figure plus dans ce registre.

Dimanche 28 juin, le candidat sans étiquette Abdelaziz Hamida a remporté la mairie de Goussainville, dans le Val-d’Oise, avec 38% des voix à l’issue d’une campagne mouvementée. En effet, en septembre dernier, le magazine L’Express a révélé qu’il avait «fait l’objet d’une fiche S, pour islamisme radical». Vendredi 3 juillet, le nouveau maire s’est expliqué auprès du Parisien.

«La presse m’apprend que j'ai été signalé à une époque du fait de rencontres avec des personnes qui l'étaient et non pour mes actes», a-t-il justifié. «Il semblerait que cette inscription soit révolue et que je ne figurerais plus aujourd'hui dans aucun fichier. Il ne s'agit en aucun cas d'une condamnation».

En effet, comme le confirme le quotidien francilien en citant des sources sécuritaires, l’édile était bel et bien fiché S. Les services de renseignement ont toutefois pris cette décision non pas en raison du danger qu’il représentait, mais de ses potentielles rencontres avec des musulmans radicalisés.

Parmi l’une de ses attaches présumées figure le Tabligh, un mouvement fondamentaliste musulman prônant une pratique rigoureuse de l’islam. «J'ai suivi des cours de langue arabe où le Tabligh faisait partie du corpus spirituel. Je n'ai aujourd'hui aucune pratique contraire aux principes de la République et les Goussainvillois peuvent en attester», s’est défendu M.Hamida.

«Il est communautariste et opportuniste»

Du côté de l’opposition, Élisabeth Hermanville (Les Républicains), ancienne maire de cette commune de 30.000 habitants, semble ne pas avoir digéré sa défaite, ayant insisté sur la «catastrophe Hamida» pendant sa campagne. «Je respecte le suffrage universel mais je dis mais…. Je n'ai pas la preuve qu'il soit fiché S ni du contraire. Je dis qu'il est communautariste et opportuniste», a-t-elle déclaré au Parisien.

Pour Véronique Danet, tête de liste insoumise, les accusations autour de la fiche S du candidat l’ont probablement aidé dans sa campagne. «Ça l’a plus servi qu’autre chose. Il s’en est servi pour se victimiser. Il disait qu’on s’en prenait à lui parce que c’était un musulman qui se présentait», a-t-elle dénoncé auprès de 20 Minutes.

Le nouveau maire compte en tout cas se défendre au tribunal, puisqu’il a porté plainte en diffamation contre l’hebdomadaire. L’affaire sera jugée au mois de septembre.

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Tags:
campagne électorale, élections municipales en France (2020), islamisme, suspects fichés "S", Val-d'Oise, maire
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