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Le parquet de Paris a ouvert une enquête ce 28 juillet après le témoignage d’un brigadier-chef concernant un système raciste au sein du tribunal de grande instance de Paris ayant conduit à la maltraitance de plus de 1.000 détenus.

Suite à une enquête de StreetPress appuyée par le témoignage d’un lanceur d’alerte, le parquet de Paris a ouvert mardi une enquête pour «violences volontaires par personnes dépositaires de l'autorité publique» et «injures publiques».

Plus d'un millier de personnes ont été victimes de maltraitances de la part d'une vingtaine de policiers dans les cellules du dépôt de l'ex-tribunal de grande instance de Paris, a révélé StreetPress dans une enquête publiée le 27 juillet. Il est aujourd'hui renommé Compagnie de Gare de la Zone d'Attente (CGZA).

Les investigations sur ces faits, dévoilées avec l'aide d'un de ces policiers et qui se seraient produits de 2017 à 2019, «sont confiées à l'Inspection générale de la police nationale», a indiqué le parquet de Paris.

Outre les «violences volontaires», l’enquête vise des «injures publiques en raison de l'origine, l'ethnie, la nation, la race ou la religion» ainsi que des «injures publiques à raison du sexe ou de l'orientation sexuelle».

Une enquête séparée

La Défenseur des droits nouvellement nommée, Claire Hédon, a annoncé en outre l'ouverture d'une enquête par son institution indépendante, chargée de veiller au respect de la déontologie des forces de l'ordre.

Dans cette affaire, la préfecture de police a annoncé lundi qu'après une enquête administrative de l'IGPN en février, un policier est renvoyé en conseil de discipline prévu en septembre, et cinq autres feront l'objet de sanctions administratives, blâme et avertissements vu «la gravité des faits allégués».
Selon une source policière, le conseil de discipline concernera des «raisons de comportements inappropriés envers les détenus, manquements au devoir d'exemplarité».

Lanceur d’alerte

Dans un signalement à sa hiérarchie en mars 2019, révélé par StreetPress et dont l'AFP a eu copie, le brigadier-chef Amar Benmohamed dénonçait des «propos racistes» tenus de «façon régulière» de la part d'une gardienne de la paix à «l'adresse des déférés d'origine étrangère», en plus du terme «les bâtards».

Dans l'article, ce fonctionnaire de police affirme plus largement que «sur un peu plus de deux ans, plus de mille prévenus ont été maltraités» au dépôt du tribunal de Paris, où il est affecté et où sont retenues les personnes attendant d'être présentées à la justice. «C'est même sans doute plus», selon lui.

Celui qui est aussi délégué syndical chez Unité SGP-Police affirme avoir entendu les propos suivants: «Ferme ta gueule, sale bougnoule», «négro», «sale race», ou encore «Je te lancerais tout ça dans la Seine», «Si on me laissait faire, je mettrais le feu à toutes ces merguez».

Dans le signalement, il dénonce également diverses privations de nourriture, des empêchements d'accès aux soins, etc.

Le 12 mars, jour même de son signalement, un de ses supérieurs, un lieutenant de police, rappelait à ses troupes que «les propos à caractère raciste, injurieux, discriminatoires» sont «à proscrire» et qu’il est «indispensable» d'accorder aux détenus «l'ensemble des droits» et de «rester attentif» à leur «état de santé», selon un message interne consulté par l'AFP.

Outre un signalement au procureur de Paris, M. Benmohamed a en outre annoncé une plainte avec constitution de partie civile pour des faits supposés de «harcèlement moral» à son encontre après ses signalements, a indiqué lundi à l'AFP son avocat, Arié Alimi.

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Tags:
maltraitance, racisme, France, accusations, Tribunal de Paris
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