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Le bien-être animal est au cœur des préoccupations des Français, comme en témoignent un projet de référendum d’initiative partagé sur la question et un récent sondage, qui traduisent une volonté de changement. Le nouveau gouvernement Castex ne comprend pourtant pas de secrétariat d’État dédié à cette thématique.

Le gouvernement en décalage avec les aspirations des Français? Selon un sondage mené par l’IFOP en juillet 2020* et relayé par Le Parisien, 73% des Français se déclarent favorables à l’organisation d’un référendum sur le droit des animaux. En outre, sept électeurs sur dix (71%) envisageraient de signer la pétition nécessaire pour l’organisation d’un référendum d’initiative partagée (RIP).

À noter que pour que le texte soit soumis au vote populaire, il doit au préalable obtenir l’approbation de 185 parlementaires, être validé par le Conseil constitutionnel, mais surtout recueillir les signatures de 4,7 millions de personnes, soit 10% de l’électorat. Un parcours du combattant.

Plébiscite en faveur d’un référendum

Dans l’hypothèse où le processus aboutirait, 89% des sondés voteraient en faveur d’une loi améliorant la condition animale.

​Interrogé par Sputnik, Isabelle Dudouet-Bercegeay, cofondatrice du parti animaliste, rappelle que «les scandales se sont multipliés, rien ne s’est produit au niveau des décideurs politiques, dans le sens où ils n’ont pas su prendre la mesure du décalage entre cette opinion publique et le droit applicable aux animaux.»

«De plus en plus de citoyens sont écœurés, voire en colère, face à cette situation d’inaction. La population se donc tourne vers d’autres moyens d’action puisque manifestement en votant, ils n’ont pas pu faire changer la réglementation pour mettre fin à ces scandales.»

De son côté, Muriel Arnal, présidente fondatrice de One Voice, association de défense des droits des animaux, salue les résultats du sondage:

«C’était toujours au cœur des préoccupations des gens, mais ils ne le disaient pas comme cela, pas à ce point-là. Mais aujourd’hui, il y a des dangers pour la planète […] Ils ont envie de se mobiliser pour les animaux, parce qu’ils ont compris que c’étaient des êtres sensibles», se félicite-t-elle au micro de Sputnik.

Pour Reha Hutin, présidente de la Fondation 30 millions d’Amis, «ce sondage confirme que le bien-être animal n’est pas une lubie défendue par une poignée d’individus “bobos”, “déconnectés” ou “trop sensibles”, mais au contraire l’un des sujets de société jugés cruciaux par une majorité de Français», explique-t-elle dans un article publié sur le site de l’ONG.

​En effet, ce projet de RIP lancé début juillet par trois patrons d’entreprises de la Tech, Xavier Niel (Free), Marc Simoncini (Meetic) et Jacques-Antoine Granjon (Veepee, anciennement vente-privée), et soutenu par le journaliste Hugo Clément, a pour objectif d’«améliorer le sort d’un milliard d’animaux en France».

Améliorer le sort des animaux

Certaines mesures phares du projet suscitent une très forte adhésion. Par exemple, 87% des sondés soutiennent l’obligation de garantir aux animaux la possibilité d’un accès quotidien au plein air. Ou encore, 75% d’entre eux plaident pour l’interdiction du recours à l’expérimentation auprès des animaux lorsque les alternatives existent.

​Tandis que cette thématique prend une place de plus importante dans le débat public, aucun secrétaire d’État à la condition animale n’a vu le jour dans le nouveau gouvernement Castex. «Cela fait des années que l’on se bat, que l’on voit que la France est en retard par rapport aux autres pays […] Ce secrétariat était très symbolique, c’était l’occasion de monter qu’ils prennent en compte les demandes des Français pour les animaux», déplore la présidente de One Voice.

La France en retard sur les autres pays

Isabelle Dudouet-Bercegeay abonde dans ce sens. Selon elle, c’est un «un déni de démocratie vis-à-vis des attentes de la population». Et pour cause, «77% des Français sont favorables à la création d’un ministère de la Protection animale», détaille la cofondatrice du Parti animaliste. Une demande portée par l’organisation politique depuis ses débuts.

«C’est dans la continuité des gouvernements précédents, ce sont toujours les mêmes vieilles habitudes, ce sont toujours les même vieux lobbies qui sont écoutés, alors que la demande sociétale est très forte en faveur des animaux», dénonce Muriel Arnal, de One Voice.

Pour la cofondatrice du Parti animaliste, «cette soumission des décideurs politiques aux lobbies empêche cette avancée nécessaire». Elle poursuit: «à l’échelon des communes, lors des dernières Municipales, on a pu voir un changement de paradigme: un certain nombre de communes ont vu la création de délégations à la protection animale. Finalement, l’échelon local voit des avancées beaucoup plus rapides que l’échelon national, mais probablement parce qu’à l’échelon local, ces lobbies ont moins d’emprise.»

«Ça me semble donc tout à fait logique et légitime que la population attende ce référendum avec probablement beaucoup d’espoir pour enfin faire évoluer les choses dans notre pays», conclut Isabelle Dudouet-Bercegeay.

 

*Étude IFOP pour Caniprof réalisée par questionnaire autoadministré en ligne du 15 au 16 juillet 2020 auprès d’un échantillon de 1.007 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus résidant en France métropolitaine.

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