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Polémique sur le plomb suite à l'incendie de Notre-Dame (17)
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Des ruches parisiennes dans les alentours de Notre-Dame de Paris contiennent un niveau trois fois plus élevé de plomb qu’avant l’incendie, selon une nouvelle étude scientifique. Bien que la quantité de cet élément chimique ne soit pas très dangereuse, elle joue le rôle du «canari dans la mine de charbon», souligne un chercheur.

Le plomb dégagé lors de l’incendie de Notre-Dame de Paris aurait contaminé le miel de certaines ruches parisiennes, selon une étude parue le 20 juillet dans la revue Environmental Science & Technology Letters.

La recherche a été menée par Kate Smith et Dominique Weis de l'Université de Colombie-Britannique.

36 échantillons de miel collectés en juillet 2019 ont été prélevés par les scientifiques, lesquels ont été par la suite comparés avec ceux d’avant le sinistre. Il s’est avéré que le niveau de plomb dans le miel collecté après l’incendie était environ trois fois plus élevé que celui des échantillons ailleurs dans le centre de la capitale française.

«La preuve est assez forte que l'incendie a causé l'élévation du plomb observée dans le miel», explique Mme Smith, doctorante en sciences géologiques et auteur principal de l’étude.

Et de préciser que ces niveaux de plomb plus élevés correspondent en répartition géographique au panache de poussière transporté à travers Paris depuis l'incendie.

«Lorsqu’elles recherchent du pollen ou du nectar, les abeilles ramassent de minuscules particules de plomb et d’autres métaux», a-t-elle souligné.

Le «canari dans la mine de charbon»

Cependant, selon Mme Smith, cette concentration de plomb dans le miel, soit une moyenne de 2,3 nanogrammes par gramme, est conforme aux normes de consommation.

Le professeur Weis tient à souligner que le niveau découvert n’est pas «dramatiquement élevé» pour Paris:

«Cela ne signifie pas que le miel ne peut pas être consommé. Mais le miel ici, c'est le canari dans la mine de charbon», signifiant ainsi que ces niveaux devraient servir d’alerte.

Mais si le plomb est ingéré, il peut entraîner des dommages cognitifs, en particulier chez les enfants, poursuit l’étude. Les responsables de la ville ont reconnu que Paris avait besoin d'un plan de réduction du plomb plus complet, et les scientifiques étudient si l'eau de pluie tombant du toit de Notre-Dame a pu polluer la Seine pendant des siècles.

Polémique sur le plomb

En raison de l'incendie du 15 avril 2019, le parvis et la rue du Parvis «ont subi une pollution au plomb qui a entraîné une fermeture immédiate du site», ont rappelé le diocèse, la mairie de Paris et l'établissement chargé de la rénovation dans un communiqué.

Après un «avis favorable» de l'agence régionale de santé d'Île-de-France le 29 mai 2019, le préfet de police de Paris a autorisé la réouverture du parvis de Notre-Dame de Paris, ont-ils ajouté, précisant que des prélèvements et un nettoyage régulier seront effectués.

Une autre étude publiée plus tôt ce mois dans l’Advancing Earth and Space Science, des scientifiques de l'Université de Columbia ont estimé que les personnes habitant à moins de 1.100 mètres de la cathédrale et sous le vent du feu de l’incendie étaient susceptibles d'avoir été exposées à plus de retombées de plomb qu'annoncées précédemment.

Dossier:
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Tags:
miel, santé, Paris, Notre-Dame de Paris (roman), plomb
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