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Le directeur d’un cinéma dans l’Essonne a détruit une affiche du film Mulan à la suite d’une décision de Disney d’annuler sa sortie en salle pour le proposer sur sa plateforme de vidéo à la demande. Depuis le déconfinement, les salles de cinéma françaises peinent à retrouver leur public.

Mulan, superproduction Disney de 200 millions de dollars, ne sortira pas sur grand écran dans les pays où son service de vidéo à la demande est présent. La décision du géant du divertissement américain a rendu furieux Gérard Lemoine, directeur du cinéma CinéPal’ de Palaiseau, dans l’Essonne. Dans une vidéo qu’il a publiée le 5 août sur Facebook, l’exploitant de salle détruit une affiche du film à coups de batte de baseball.

«Les salles de cinéma expriment leur profond regret et leur désapprobation la plus forte face aux choix de certains distributeurs qui renoncent à la sortie de leurs films en salle. Heureusement que d'autres distributeurs jouent le jeu du cinéma», a-t-il écrit dans sa publication.

«Notre énervement est légitime car c’est une catastrophe pour les salles», a-t-il ajouté auprès de BFM TV, expliquant que certaines salles françaises risquent encore de «cumuler plusieurs mois de déficit» en raison d’un manque de «programmation solide».

En effet, Mulan, remake en prises de vues réelles du film d’animation de 1998, était attendu comme l’un des blockbusters de cet été. En raison de l’épidémie, il ne sera toutefois disponible que pour les abonnés de la plateforme de streaming Disney+, lesquels devront débourser 29,99 dollars supplémentaires.

«Les cinémas ont rouvert leurs portes en France en juin. C'était vraiment un énorme effort de s'engager à rester ouverts pour la plupart d'entre nous, car nous savions que nous tournerions à perte pendant quelques semaines», a poursuivi Gérard Lemoine.

Il espère que les studios, producteurs et distributeurs français feront un effort de leur côté, en plus d’un soutien financier des pouvoirs publics.

La fréquentation des salles au plus bas

Fin juillet, les exploitants français de salles de cinéma ont dressé un premier bilan inquiétant: depuis leur réouverture le 22 juin, la fréquentation de leurs établissements est 70% inférieure par rapport à la même période l’année dernière, a indiqué Le Monde, se basant sur les chiffres du bureau d’études Rentrak Comscore.

Si quelques longs métrages ont été diffusés dans les salles obscures malgré les craintes liées à l’épidémie, la tendance est au report des films voire à leur diffusion exclusive sur des plateformes de streaming comme Netflix ou Amazon Prime, déplore le quotidien. Plusieurs établissements français ont d’ailleurs déjà refermé temporairement leurs portes en attente d'une meilleure programmation.

La Fédération nationale des cinémas, regroupant quelque 6.000 salles dans l’Hexagone, a publié mercredi un communiqué en ce sens: «cela ne peut qu'accentuer la crise que connaissent les salles de cinéma en optant pour des modes de diffusion bien moins créateurs de valeur que la sortie en salle et très éloignés du principe au cœur du spectacle cinématographique».

La sortie le 26 août prochain du film de Christopher Nolan, Tenet, pourrait toutefois représenter la lumière au bout du tunnel pour les exploitants. «Ce qui nous manque à tous, c’est LA grosse production (américaine ou française) qui va réenclencher la fréquentation», a confié au Monde Morgan Pokée, membre du comité de la Quinzaine des réalisateurs et critique de cinéma.

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Tags:
France, divertissement, streaming, déconfinement, film, Disney, cinéma
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