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Interrogé par BFM TV, le maire de Grenoble a critiqué la réaction du gouvernement suite à la parution de vidéos montrant des dealers lourdement armés dans un quartier de sa ville. Éric Piolle dénonce une opération de communication et demande des renforts de police.

Sur le plateau de BFM TV, le maire de Grenoble Éric Piolle a fait part de son indignation suite aux propos du ministre de l’Intérieur sur le trafic de drogues dans sa ville.

Alors que deux vidéos sont parues sur Internet, montrant des dealers lourdement armés en train de protéger un point de vente, Gérald Darmanin avait en effet parlé sur Twitter «d’ensauvagement d’une minorité de la société». Le ministre avait également annoncé une opération de police dans le quartier du Mistral.

Des propos qui ont déplu à l’édile de la ville. Réfutant le terme de «zone de non-droit», celui-ci a critiqué une «opération de communication» du gouvernement.

«Je regrette fortement que le ministre s’engage dans cette logique où on pointe du doigt un quartier de telle ou telle ville. On l’a vu cet été à Toulouse, à Paris, à Marseille, à Lyon, il y a des problèmes liés notamment au déconfinement. Rentrer dans cette logique de guerre de provocation avec les dealers, c’est malsain […]. Que le gouvernement ne rentre pas dans cette logique de coups de menton», a-t-il déclaré à BFM TV.

Éric Piolle a par ailleurs comparé l’attitude de Gérarld Darmanin à celle de ses prédécesseurs Nicolas Sarkozy et Manuel Valls. Il en a appelé à un «travail du quotidien» avec les habitants, mettant en avant «la vie culturelle, la vie de solidarité, la vie sportive» dans ce quartier sensible.

Demande de renforts

Une opération de police s’est finalement déroulée dans le quartier du Mistral, où ont été tournées les vidéos. 

Une cinquantaine de contrôles ont été effectués, mais aucune saisie ni interpellation n’a eu lieu, selon l’AFP.

S’il a admis que l’action du ministre de l’Intérieur avait le mérite de montrer «que l’État n’abandonne pas», Éric Piolle a cependant rappelé que les moyens alloués à sa ville étaient insuffisants. En matière d’effectifs de police, le maire a notamment tiré la sonnette d’alarme. Rappelant que Sarkozy avait fait baisser ces effectifs, l’édile a précisé avoir déjà demandé des renforts durant la crise sanitaire, en vain.

«Il faut des effectifs […]. Au début du confinement, les trois plus grandes villes du département ont demandé au ministre de l’Intérieur des renforts, parce que nous savions que le confinement allait créer des tensions. Nous n’avons pas eu de réponse. Par contre, on a cette opération de communication. Une demi-heure. Pas d’arrestations. C’est vraiment de la com’», a conclu Éric Piolle sur BFM TV.

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Tags:
Gérald Darmanin, trafic de drogue, drogue, dealer, Grenoble
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