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Un déplacement en deux volets. En Corse, Emmanuel Macron a rencontré des élus locaux, les 9 et 10 septembre, avant de rejoindre le sommet des pays du Sud de l’Union européenne. Jean-Guy Talamoni, le Président de l’Assemblée de Corse, en a profité pour tenter de «redéfinir la relation entre la Corse et Paris», a-t-il expliqué à Sputnik.

«La Corse a une identité bien à elle. Elle est corse, française, européenne et méditerranéenne. C’est toute sa force! Je suis très heureux de la retrouver», a tweeté Emmanuel Macron à l’occasion de sa troisième visite sur l’île depuis le début de son quinquennat. Une déclaration certes chaleureuse, mais qui ne lui a pas épargné les questions épineuses.

​La venue d’Emmanuel Macron en Corse pour le 7e Sommet des pays du Sud de l’Union européenne (MED7), organisé sur l’île le 10 septembre, a suscité de nombreuses attentes, notamment dans le domaine économique, mais a bien failli partir du mauvais pied avec la majorité nationaliste.

Si les chefs de la collectivité locale ont bien été invités à dîner mercredi 9 septembre à Ajaccio, aucune réunion de travail avec ceux-ci n’avait en effet été initialement programmée. Ainsi Jean-Guy Talamoni, président de l’Assemblée de Corse, a-t-il «bien entendu» refusé participer au dîner:

«Ces modalités n’étaient pas en relation avec les enjeux politiques de la Corse et avec les relations que la Corse entretient avec Paris», a-t-il déploré.

L’impair a néanmoins été aussitôt corrigé et «une rencontre de travail d’une heure et demie» a eu lieu jeudi matin, en présence également de Gilles Simeoni, président du conseil exécutif, et des ministres qui accompagnaient le Président de la République lors de sa tournée: Jacqueline Gourault (Cohésion des territoires), Gérald Darmanin (Intérieur), Marlène Schiappa (Citoyenneté) et Jean-Baptiste Lemoyne (Tourisme).

«[Lors de cette rencontre, ndlr] j’ai surtout insisté sur un point: la question corse est une question éminemment politique. Et cette dimension politique devrait prévaloir», a précisé Jean-Guy Talamoni au micro de Sputnik.

Sans rejeter l’importance de la question économique, «d’autant plus que l’on a connu une importante crise sanitaire, qui va avoir des conséquences sur le plan économique et social» ni d’autres dossiers «particuliers», le président de l’Assemblée de Corse insiste sur la «nécessité de reconnaître» la majorité nationaliste corse, en place depuis cinq ans, «un évènement politique de l’histoire de l’île».

«Cela doit être pris en compte pour travailler sur la redéfinition de la relation entre la Corse et Paris, dans le cadre du projet que nous avons fait valider par la majorité absolue des Corses. Aucun démocrate ne doit contourner la question de la reconnaissance des droits du peuple corse», insiste Jean-Guy Talamoni.

Bien que les thèmes de «l’innovation sociale, de la langue corse et de son enseignement, du foncier» aient été abordés, les élus nationalistes insistent sur l’ordre du jour politique. Et un autre sujet d’importance a été évoqué lors de cette rencontre: les prisonniers.

Prisonniers corses toujours incarcérés sur le continent

En juillet, Éric Dupond-Moretti, le nouveau garde des Sceaux, longtemps avocat de membres du banditisme et d’Yvan Colonna (le militant indépendantiste auteur de l’attentat de 1998 qui a coûté la vie au préfet Claude Érignac), a été sollicité par les associations et parlementaires de l’île pour accélérer le retour sur l’île des détenus corses incarcérés sur le continent.

«Nous avons insisté sur la charge politique et symbolique de la question des prisonniers. Plusieurs années après la décision de FLNC [Front de libération nationale corse] de sortir de la clandestinité, il est absolument inacceptable que l’on en soit toujours au même point concernant les prisonniers politiques», s’indigne Jean-Guy Talamoni.

Concernant les dossiers économiques, le président de l’Assemblée de Corse assure n’avoir «aucune garantie à ce stade» et avoir appelé Emmanuel Macron lors de leur entrevue «à un changement total d’approche

L’économie corse au centre des préoccupations

«L’État a été présent lors de la crise sanitaire», s’est défendu le Président de la République lors d’une conférence de presse à Ajaccio, dans la foulée de sa réunion de travail avec les élus locaux dans la matinée du 10 septembre. Il a également évoqué les «pistes esquissées» pour aider les entrepreneurs corses dans leurs projets. «Je veux montrer la dimension méditerranéenne de l’île à d’autre pays. La Corse a un rôle à jouer en Méditerranée», a ajouté Emmanuel Macron lors de cette conférence de presse.

«J’en doute un peu, avançait quelques heures plus tôt Jean-Guy Talamoni. Mais ça a été l’occasion d’une rencontre. Le président du conseil exécutif et moi-même, nous n’avons pas voulu gâcher une occasion –même minime– de présenter nos positions. Et nous avons eu l’occasion de les présenter longuement ce matin.»

Pour clore cette visite sur l’île, le Président de la République s’est rendu à Bonifacio, la ville de Jean-Charles Orsucci, membre de La République en Marche. Un épisode également critiqué par les nationalistes, qui voient là une «volonté de privilégier certains dans le processus électoral

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Tags:
Assemblée de Corse, Corse, Emmanuel Macron, Jean-Guy Talamoni
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