France
URL courte
Par
4116
S'abonner

Avant de présider le 10 septembre le sommet européen Med7 en Corse, Macron s’est rendu à Bonifacio pour procéder à la signature de la charte «Ville d’art et d’histoire». Dans une île dépendante du tourisme, Macron à voulu donner des gages au secteur. Jean-Charles Orsucci, maire LREM de Bonifacio, a évoqué cette visite au micro de Sputnik.

Un rocher magnifique à l’extrême sud de la Corse, objet de convoitise des Sarrasins, des papistes, des Génois, puis des touristes venus du monde entier, a accueilli le 10 septembre le Président de la République.

​En visite en Corse, Emmanuel Macron a tenu à se rendre à Bonifacio pour rencontrer Jean-Charles Orsucci, le maire LREM de la ville, ainsi que les acteurs du tourisme, principal moteur économique de l’île.

«Le chef de l’État a fait une chose exceptionnelle, puisque jamais un chef d’État français en exercice n’était venu dans la commune de Bonifacio. Il a juste matérialisé que la France aujourd’hui va de Dunkerque à Bonifacio. C’était un signe fort de sa part, de la part de quelqu’un qui sait qu’il peut aider le pays à se relever», a souligné Jean-Charles Orsucci au micro de Sputnik.

Jean-Guy Talamoni, Président de l'Assemblée de Corse
© Photo. Cumunicazione di u Presidente di l’Assemblea di Corsica
Le maire de Bonifacio balaye d’un revers de la main les critiques du parti de la majorité territoriale, Femù a Corsica, qui affirme que cette visite aurait des «allures de campagne électorale».

Engagements économiques du gouvernement

Le Président a rencontré des professionnels du tourisme issus de toute l’île afin de les rassurer après une saison touristique estivale plus que compliquée, en annonçant plusieurs mesures pour le secteur.

«[On a reçu, ndlr] un engagement très fort pour tout le pays: permettre aux entreprises corses de mettre leurs salariés en chômage partiel jusqu’au mois de juin prochain. Honnêtement, c’est très important», assure le maire de Bonifacio.

«Vous représentez de manière directe, 30% du PIB de la Corse, en fait beaucoup plus», a déclaré Emmanuel Macron lors d’une conférence de presse sur place. L’aréopage de professionnels du tourisme convié par le locataire de l’Élysée semblait ravi. Pourtant, cette ville –destination incontournable en Corse et classée dans le Top 15 des meilleures destinations d’Europe– a beaucoup souffert de la crise sanitaire.

«Juste une “très mauvaise saison” touristique»

«Bonifacio a limité la casse», lâche le maire. Pour une ville qui recevait environ deux millions de touristes par an (pour quelque trois mille habitants) et qui cherchait des solutions pour réguler le flux de visiteurs, le cap est difficile à passer.

«On était très inquiets, pensant faire une année cataclysmique. En réalité, on a fait une “très mauvaise saison”. On ne peut pas encore tirer un trait définitif. Mais alors que j’ai prévu un budget à 30% de recettes, on peut espérer plutôt autour de 50 à 60% de recettes», détaille Jean-Charles Orsucci.  

Les rentrées se montent à «à peu près un mois et demi de saison [touristique, ndlr] par rapport à six à huit mois que la commune fait d’habitude». Désormais, la municipalité espère pouvoir sauver la situation économique grâce aux annonces gouvernementales, «même si nous restons inquiets par rapport à la situation sanitaire du moment.»

«Certains malheureusement ont pris la décision de fermer leur établissement. Très peu. Mais ils ont surtout cherché à réduire les effectifs, en essayant d’être performants», précise le maire.

D’après les dernières données de l’INSEE, le taux de chômage dans la région au premier trimestre 2020 s’élève à 7,8%, soit 27.400 chômeurs au 27 juillet 2020.

Bonifacio place ses espoirs dans le label «Ville d’Art et d’Histoire»

La ville de Bonifacio a reçu le jour de la visite présidentielle du label «Ville d’Art et d’Histoire», attribué par le ministère de la Culture. Ainsi, l’édile espère-t-il profiter de cet atout pour séduire les touristes friands de culture. La notoriété de ce label dépasse de loin les frontières françaises… pour peu qu’elles restent ouvertes.

«La signature de cette charte [de ville d’art et d’histoire, ndlr] va nous permettre de continuer à faire ce que nous faisons depuis 12 ans: mener une politique ambitieuse en matière de restauration du patrimoine, d’éducation à la culture et au patrimoine, en bénéficiant d’un financement important de la part de la Collectivité de Corse et de l’État», déclare Jean-Charles Orsucci.

Depuis le mai 2020, le plan de soutien interministériel de 18 milliards d’euros à destination du secteur touristique, lancé par le Premier ministre, se précise et s’affine. Néanmoins, la situation économique et sociale en Corse est relativement plus grave que dans d’autres régions françaises. D’après Nanette Maupertuis, présidente de l’Agence du Tourisme de la Corse (ATC), la perte du PIB de l’économie insulaire est estimée à 15,5%, contre 11% au niveau national. Malgré cela, le maire de Bonifacio, place ses espoirs dans les «engagements forts pris pour la Corse

«Le Président a parlé d’“engagement”. Je fais confiance au Président de la République pour le respect des engagements de l’État. Il y a le président [de l’exécutif corse, ndlr] Simeoni pour respecter les engagements de la Collectivité de Corse, pour nous aider dans la restauration des fortifications de Bonifacio, pour mettre en œuvre ce que prévoit le contrat que nous avons avec eux aujourd’hui», conclut Jean-Charles Orsucci.

Lire aussi:

Combats sanglants dans l’Himalaya: «l’armée indienne ne fait vraiment pas le poids face à l’armée chinoise»
Ces 11 pays qui n’ont toujours pas de cas déclarés de coronavirus depuis le début de la pandémie
L’Allemagne installera des soldats en France, Paris parle de «révolution»
Tags:
Emmanuel Macron, Jean-Charles Orsucci, Bonifacio, Corse
Règles de conduiteDiscussion
Commenter via SputnikCommenter via Facebook