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Navalny empoisonné par un agent de type Novitchok, selon Berlin (107)
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Les Présidents russe et français se sont entretenus le 14 septembre par téléphone sur l’affaire Navalny qui a, selon Paris, été empoisonné. Le Monde publie de nouvelles informations d’après lesquelles Vladimir Poutine a appelé à explorer «d’autres pistes», dont «une conduisant en Lettonie». Le Kremlin qualifie ces propos «d’inexacts».

Dans un article publié mardi 22 septembre, Le Monde fournit de nouveaux détails sur la conversation téléphonique entre Vladimir Poutine et Emmanuel Macron qui s’est déroulée le 14 septembre. L’un des sujets abordés lors de cet entretien était lié au malaise du blogueur et opposant russe Alexeï Navalny qui, selon la partie française, a été «empoisonné» à l’aide d’«un agent neurotoxique Novitchok».

Selon Le Monde, le Président russe a rappelé que M.Navalny avait déjà «simulé des malaises par le passé» et a «justifié l’absence d’enquête officielle par la non-communication des analyses françaises et allemandes aux spécialistes russes».

Une piste conduisant en Lettonie

Il a également estimé que «d’autres pistes pouvaient être explorées, comme une conduisant en Lettonie, car l’inventeur du Novitchok y résiderait.»

Le chef de l’État russe a également souligné qu’Alexeï Navalny aurait pu «absorber lui-même le poison» et que «le Novitchok était une substance moins complexe qu’on ne le prétendait, même si rien ne confirmait selon lui son emploi».

Cependant, Emmanuel Macron a «rejeté» la piste lettone et l’hypothèse d’une auto-administration du poison, ajoute Le Monde.

Le Kremlin réagit

Plus tard dans la journée, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a commenté l’article du Monde qualifiant ses informations d’«inexactes».

«Le sujet du patient berlinois a en effet été abordé lors de la récente conversation téléphonique entre le Président Poutine et le Président Macron. Et nous l'avons signalé. Cependant, le journal est tout à fait inexact dans les formulations qu'il a diffusées».

«Tentative d'assassinat»

Dans un communiqué diffusé le 14 septembre au terme de cette conversation, l'Élysée a annoncé qu’Emmanuel Macron avait demandé à Vladimir Poutine que «toute la lumière soit faite, sans délai, sur les circonstances et les responsabilités de cette tentative d’assassinat». Le Président français a également indiqué que la France «partageait, sur la base de ses propres analyses, les conclusions de plusieurs de ses partenaires européens sur les faits d’empoisonnement à l’aide d’un agent neurotoxique Novitchok en contravention des normes internationales sur l’utilisation d’armes chimiques».

Selon le Kremlin, qui avait confirmé cet entretien, Vladimir Poutine a déclaré au Président français que les accusations sans fondement dirigées contre la Russie étaient déplacées. Il a appelé à fournir à la Russie les résultats officiels des examens des échantillons de Navalny et l'instauration de contacts avec les médecins russes.

L’hypothèse d’un empoisonnement

Le 20 août, M.Navalny a été pris en charge par les médecins d’un hôpital à Omsk, en Sibérie, après avoir fait un malaise à bord d’un avion. Les spécialistes russes lui ont diagnostiqué un trouble métabolique ayant provoqué une forte hypoglycémie. Ils n’ont découvert aucune trace de poison dans son sang et son urine. Le blogueur a ensuite été transféré à l’hôpital universitaire de la Charité de Berlin. Se référant aux médecins, le gouvernement allemand a déclaré qu’il avait été empoisonné par une substance appartenant au groupe des agents toxiques Novitchok. D’après Berlin, ces conclusions ont plus tard été confirmées par des laboratoires indépendants français et suédois. Les autorités allemandes n’ont toutefois fourni aucune preuve à l’appui de l’hypothèse d’un «empoisonnement». 

Moscou a demandé à plusieurs reprises Berlin de lui fournir des éléments d’enquête. Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a expliqué que le cas d'Alexeï Navalny faisait l'objet de vérifications dans le cadre des procédures traditionnelles de la justice russe, soulignant que les éléments brandis devaient faire l'objet d'une vérification en Russie avant l’ouverture d’une enquête.

Paris examine une demande sur l’affaire Navalny

Le 22 septembre, le ministère français des Affaires étrangères a dit avoir reçu une sollicitation de la part de la Russie sur les examens réalisés en France validant la thèse d'un empoisonnement de l'opposant russe Alexeï Navalny. «Elle est en cours d'examen», a souligné la diplomatie française citée par l’AFP.

Dossier:
Navalny empoisonné par un agent de type Novitchok, selon Berlin (107)

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Tags:
empoisonnement, malaise, Alexeï Navalny, Emmanuel Macron, Vladimir Poutine, Russie, France
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